Lors de ma deuxième exposition à la galerie Dasoku, j’ai reçu la visite d’un couple qui tient une galerie en ville, à Kagoshima. Ils m’ont acheté une œuvre. Peu de temps après, ils m’ont proposé d’exposer dans leur galerie. Le seul créneau possible avant notre départ : du 12 juin au 12 juillet, en plein dans les préparatifs de notre déménagement.
Mais on ne vit qu’une fois donc j’ai dit oui à la proposition. Avec le soutien de ma chère et tendre, tout devrait bien se passer. Quitte à aller assumer des permanence sans elle, ça ne peut pas être mauvais pour mon japonais.

L’accrochage a eu lieu jeudi 5 juin. Bien qu’en pleine ville, le lieu est très petit, invisible depuis la rue. Je ne sais pas trop qui vient ici mais je n’ai rien à perdre dans l’aventure. Ce côté isolé n’est pas nouveau pour moi puisque la galerie Dasoku aussi est, à bien des égards, isolée. Il y a un avantage : les gens ne viennent pas ici par hasard. Ils ont un intérêt pour l’art.

Au niveau investissement, à par le temps et les impressions, cela ne représente pas grand chose car il n’y a pas de frais de location. En revanche, la galerie prend 40% des ventes. Mais comme ils ont souhaité augmenter le prix des œuvres, c’est totalement indolore pour moi. En effet, ils ont trouvé bien de multiplier les prix par presque trois ! Je n’ai rien à perdre et on va voir si le public suit…

J’expose 18 œuvres : 14 formats A4, 3 formats A3 et un A2. En plus de cela, j’ai deux portfolios qui rassemblent une sélection d’images présentées lors des précédentes expositions à la galerie Dasoku, ajoutant ainsi 38 photos.
Go san, qui m’a proposé d’exposer, a écrit le texte pour me présenter. J’en suis heureux. C’est la première fois que quelqu’un présente mon travail ainsi.
« Les photographies capturent des paysages sans révéler le moment ou le lieu. Au milieu de cette tranquillité silencieuse, où les indices sont rares, chacun est invité à éveiller ses propres souvenirs et émotions.
C’est dans ces espaces incertains que l’imagination se met en mouvement.
[…]
Cette exposition Yohaku (l’espace ou la marge…), est la dernière [de Gildas Chéné] au Japon [avant son retour en France]. Elle présente un travail photographique riche, silencieux et profond – où les traces de la nature et d’une présence humaine se croisent tranquillement.
Dans ces images, on peut sentir un souffle subtil dans le silence, nous guidant doucement au-delà du temps et du lieu. »
Je crois que le texte est plus beau que les œuvres.

J’étais présent pour la première journée d’ouverture jeudi 12. Il n’y a pas eu grand monde mais des rencontres intéressantes.
Notamment M. Hirano qui est venu de Tokyo pour voir mon travail. Aller-retour dans la journée. Ils sont fous ces japonais ! C’est un « habitué » puisqu’il avait fait de même pour mes deux précédentes expositions et pour celle de Yoko.
Cette fois-ci, il venait aussi me remettre mon certificat pour le grand prix dont je vous ai parlé à la fin du précédent article. Il est à l’origine de l’événement Flower Art Award de Tokyo. Ma vidéo l’a enthousiasmé !
J’avais pris soin de sortir des sentiers battus pour celle-ci et ça a bien fonctionné. Le résultat me plait toujours bien presque un an après le tournage, et tant pis si cela peut laisser un peu perplexe à la première vision. Au fond, la conception de cette vidéo est dans la logique de mon travail photographique, avec son espace-temps particulier.
Me voilà avec un diplôme tout beau tout chaud à arborer fièrement en famille. Les japonais aiment bien ce genre de choses.

Ici la saison des pluies est bien installée. L’air se charge d’humidité. Bientôt, il suffira de lever le petit doigt pour être en sueur. Ça tombe bien, puisqu’on doit déménager… L’occasion de perdre un peu de tour de taille ? Pas sûr que cela suffise quand on pense aux divers festins d’adieu qui nous attendent…

Répondre à wombax6 Annuler la réponse.