Pas de repos pour les artistes

Résumé de l’épisode précédent : on a accroché les travaux des élèves de Yoko à la galerie Dasoku. La première ouverture au public a eu lieu le mardi puis j’ai récupéré Sarah et Anne-Marie vendredi à l’aéroport. Après quelques détours, nous voici rassemblés à la maison.


Malgré des températures encore fraîches, il semble que les filles ont bien dormi sous leurs couettes dans l’atelier de Yoko. Il fallait reprendre des forces car ce samedi matin nous avons rendez-vous à 9h à l’école primaire locale. Il s’agit de l’école où s’est déroulé le undokai (fête du sport) à l’automne dernier, cette journée sportive où je me suis illustré en me faisant doubler lors de la course de relais alors que mon équipe était première…

L’école un jour de fête du sport.

En arrivant à l’école, nous sommes accueillis par le directeur. Un homme très sympathique qui a aussi été directeur d’un musée d’art dans une vie professionnelle précédente. Après un petit thé et quelques échanges de bienvenue, nous nous rendons dans la classe des plus grands.

L’école compte une cinquantaine d’élèves, un peu moins chaque année, c’est la campagne. Ils sont dix-neuf dans la classe des grands. C’est une classe mixte qui regroupe deux niveaux, entre 10 et 12 ans. Ça fait bizarre de voir des grands de 12 ans assis derrière de petits bureaux qui ne semblent pas faits pour eux.

Les élèves sont sagement assis, chacun a sa place. Les sets de calligraphie sont sortis, c’est d’abord Yoko qui entre en piste. Les enfants vont devoir calligraphier le kanji du thé. L’enseignant a préparé au tableau deux grands papiers d’entraînement sur lesquels on peut écrire à l’eau, la trace s’effaçant en même temps que le papier sèche. Ce n’est pas la méthode de Yoko mais elle se plie à l’exercice sans problème.

Les explications données, tout le monde se met au travail (y compris Anne-Marie et votre serviteur, nous avons fait ce qu’on pouvait…). Sarah, qui pratique la calligraphie depuis plus de 10 ans avec Yoko, joue le rôle d’assistante. Elle corrige quand cela est nécessaire les coups de pinceaux parfois approximatifs des jeunes japonais (elle est formidable Sarah !).

Au premier plan sur la photo, mon chef d’œuvre…

Quand tout le monde a bien avancé, Yoko utilise sa méthode et rameute tout le monde autour d’elle pour faire sa démonstration. Je vois ma femme disparaître derrière une montagne de petits uniformes. Et puis tout le monde se remet au travail.


Après la calligraphie, une petite pause a lieu pour les élèves. Nous voyons alors des tablettes sortir et les élèves « s’amuser » dessus. Certains les utilisent pour faire des créations graphiques, d’autres jouent à un jeu qui consiste à taper des phrases le plus rapidement possible, le rythme s’accélérant au fur et à mesure.

Après cette petite pause récréative, c’est à mon tour de jouer. Je dois parler français ! Yoko fait la traduction en direct. Je leur parle de l’école en France, un peu de la ville de Nantes, puis nous nous essayons ensemble à prononcer un peu de français. Ce n’est pas facile de transmettre quelque chose à un public jeune qui ne parle pas ma langue et dont plus de la moitié de la classe a le visage planqué derrière un masque. Je n’arrive pas à percevoir ce qui les intéresse ou pas.

Là encore, Sarah arrive en soutien et c’est bien (merci Sarah !). Pendant que je m’agite devant les élèves, elle note au tableau les phrases en français. Le professeur de la classe m’aide de façon improvisée en me donnant une tablette connectée à un grand écran, ce qui me permet de montrer une carte de la France, zoomer sur Nantes puis montrer des images de la ville. Les photos du château font sensation.


Après cette formidable prestation de la french team, nous sommes invités à rejoindre la salle de sport de l’école. Les élèves nous ont précédé pour préparer leur concert de remerciement pour notre venue. Accompagnés de leur professeur qui joue de la flûte, les enfants nous offrent un super concert de taiko (le tambour japonais) d’une dizaine de minutes. Tout n’est pas parfait, bien sûr, mais quand même, ils sont forts !

Évidemment, jouer tous ensemble demande de la coordination, mais à cela s’ajoutent des éléments chorégraphiques comme, par exemple, lorsqu’ils doivent passer d’un tambour à l’autre sans perdre le rythme (exercice réservé aux aînés). Le taiko s’avère une pratique bien plus complète que de simplement jouer d’un instrument. Même si le groupe ne se déplace pas, on retrouve certains aspects de la batucada brésilienne.

Après le concert, c’est la fin de l’école. Il est déjà midi, tout le monde se disperse.


Après le déjeuner, nous prenons le temps de faire la sieste. Puis, pendant que Yoko se livre à quelques préparatifs, j’emmène Sarah et Anne-Marie se promener un peu malgré une météo maussade. Hirakiki jinja a l’air bien triste, entre le ciel gris et l’eau qui ne l’est pas moins.


Bon bah zut ! Je pensais finir la narration de ce week-end dans cet article mais je crois bien qu’il va en falloir un troisième !

6 réponses à « Pas de repos pour les artistes »

  1. Ah Excellent tout cela !

    On peut voir Gildas derrière le petit bureau ? 🙂

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    1. Pour faire ma calligraphie, on m’a installé à une vraie table. Je pense qu’on aurait bien rigolé si j’avais dû m’asseoir à un bureau d’écolier…

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  2. Super ! Mais pourquoi le port du masque ?

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    1. Quand nous sommes arrivés au Japon à l’été 2023, beaucoup de gens portaient le masque suite au Covid. Et cela perdure vraiment. On sait que les japonais utilisaient le masque bien avant le Covid, par intelligence sociale (non, je n’ai pas dit que les français n’étaient pas intelligents socialement… quoi que). Ils protègent ainsi les autres de la contamination. Ça c’est vraiment amplifié avec le Covid et les habitudes sont bien prises. Au moindre rhume, on porte le masque. On se sent fragile, on porte le masque. C’est la saison froide, on porte le masque. On travaille au contact du public, on porte le masque. On voit des gens qui portent le masque alors qu’ils sont seuls dans leur voiture. On voit des gens qui marchent seuls dans la campagne… avec un masque sur le nez. Je ne peux pas m’empêcher de penser que c’est excessif. En 2020-21, j’ai trouvé le port du masque raisonnable dans le contexte de la crise sanitaire et tant pis pour la perte de convivialité. Au Japon en 2025, ça finit par me chagriner de ne pas voir le sourire des commerçants. Et encore plus lors de cette visite à l’école de ne pas voir le sourire des enfants. Chacun a sans doute une bonne raison de porter le masque. Mais est-ce vraiment si grave si une classe s’enrhume ? Les générations précédentes ont bien survécu, non ? Remarque : le port du masque reste un choix individuel dans le sens où l’école n’impose rien.

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      1. Oui c’est bien ce que je pensais de part ce que Yuki me relate.
        Et puis si tu portes le masque sans cesse, tu affaiblis ton système immunitaire, j’imagine…

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      2. D’après ce que j’ai lu par ailleurs, il n’y a pas de risque d’affaiblir ton système immunitaire par le port du masque. En revanche, selon la qualité du masque et la durée d’utilisation, cela peut amener des problèmes de peau (qui ne respire pas bien). S’il y avait vraiment un risque à porter le masque, je pense qu’on en entendrait parler. Ici, beaucoup, mais vraiment beaucoup de gens portent le masque pendant des heures. Il serait difficile de taire un problème sanitaire à ce niveau.

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