La saison passe et on s’est dit qu’il était grand temps de se préoccuper de se mettre en quête des fameux érables aux feuilles rouges. Momiji comme disent les japonais. Par chez nous, ça ne court pas les rues et je me suis un peu creusé la tête pour me rappeler d’endroit où j’avais vu des érables sans faire une heure de voiture.
Je me suis souvenu de l’ancienne maison de médecin que nous avions découvert par hasard du côté de chez les parents de Yoko. Il y a là bas un grand érable et ça rentre dans les critères de distance puisqu’il faut seulement… 50 minutes pour y aller. Bon. Ça nous donne l’occasion de faire coucou à mes beaux-parents.
Samedi dernier, nous voici en route pour Oura. En chemin, j’ai un doute sur la présence d’érable au temple Oyamazumi (dont je vous ai parlé il y a plus d’un an) qui se situe à proximité. Comme Yoko n’a jamais mis les pieds là-bas, on fait le détour.

Vous vous souvenez de ce temple pour lequel il faut descendre les marches pour y accéder ? Au bout de plus d’un an au Japon, il reste sur la liste de mes petits temples préférés. Quelques arbres ont été coupés cette année juste à l’est ce qui donne un peu plus de lumière à l’endroit sans pour autant lui retirer son ambiance.
Je l’aime toujours autant. D’autant plus qu’en cette saison, les moustiques, indomptables gardiens du lieu, sont en hibernation. Ces mêmes moustiques dont chacun se pique d’être le meilleur ami de Yoko… On a bien fait de venir en hiver.

Mais pas d’érable ici.
Direction la maison du médecin. Ce lieu là aussi je vous en ai parlé l’an dernier. Il s’agit d’un terrain qui avait été offert à un moine il y a… longtemps on va dire. C’était au XIXe je crois. Cela justifie la présence d’un temple sur le terrain.

La maison est aujourd’hui inhabitée. Quelqu’un continue de faire un minimum d’entretien. La cour devant est balayée et sans trop d’herbes invasives.

Derrière la maison, il y a une allée qui traverse un jardin qui a dû être très beau. Visiblement, la personne qui s’occupe des lieux ne va pas jusqu’à entretenir cette partie. Un jardin comme ça doit réclamer une attention très régulière.
C’est ici que nous trouvons nos premiers érables. Malgré le fait que nous soyons à mi-décembre, les arbres n’ont pas encore la couleur attendue. Tant pis pour nous !

La promenade de samedi ayant fait choux blanc (on aurait préféré faire choux rouge), je décide de me rattraper mercredi. Yoko reste sagement à la maison pour travailler alors que je fais l’école buissonnière.
Cette fois-ci, j’opte pour une destination un peu moins incertaine : le parc Iwaya. Là aussi vous allez reconnaître si vous avez lu les articles parus il y a plus d’un an. Le parc Iwaya est à environ 40 minutes de chez nous. C’est un parc paysager avec beaucoup de cerisiers mais il abrite aussi pas mal d’érables. Ils ont eu la bonne idée d’en planter plusieurs essences ce qui assure d’en trouver des rouges sur une plus longue période.

Là ! Vous le reconnaissez ce parc ?
Comme nous sommes en semaine et qu’il ne fait pas très chaud, je suis tout seul ou presque. J’aperçois au loin une dame qui promène son chien, à moins que ce ne soit l’inverse, on ne sait jamais trop. Je croise aussi un copain au sourire un peu figé.

Et puis il y a ce héron qui profite du calme comme moi. Il a quand même un peu l’air préoccupé par son déjeuner…

Et au niveau des érables, il y a donc ce qu’il faut… Je profite. C’est pas mal d’avoir un grand parc pour soi tout seul. Ça vous collerait des goûts de luxe ça !



Ah ! Que c’est zen ! Ce raffinement dans le paysage, ce soin apporté à chaque détail. Ce parc créé en pensant à chaque pas que fera le visiteur comme un point de vue unique… Mais, mais… que ? Qui m’a foutu des panneaux ici ! C’est scandaleux !

Le spectacle des érables au parc Iwaya ne m’a pas tout à fait rassasié. Je décide de faire un tour jusqu’aux cascades de Yaseo à quinze minutes de là. C’est la première fois que j’y vais. Il s’agit d’un ensemble de trois cascades qui se succèdent mais qu’on ne peut pas voir dans leur ensemble, à moins d’avoir des ailes peut-être.
Voici la cascade du bas. Elle est accessible directement depuis la route. À sa gauche un temple est construit à flanc de rocher.


Il faut se faufiler sur le côté du temple pour trouver un « escalier » qui grimpe dans la montagne. Il y a des pierres vaguement maçonnées, chacune ayant des largeurs x hauteur x profondeur fantaisistes par rapport à celles qui précèdent et celles qui suivent. J’ai les cuisses qui commencent à monter des dossiers de réclamation face à l’exercice.


Il y a un second petit sanctuaire au niveau de la deuxième cascade.
Je grimpe encore. D’ailleurs, il faut préciser que j’ai découvert les deuxièmes et troisièmes cascades parce que je suis curieux. J’ai vu un escalier, je suis monté. Je ne savais qu’il y avait encore du spectacle plus haut !

Voici la troisième chute d’eau. Ou la première ? Enfin celle qui est la plus en amont. À partir de là le chemin s’arrête. La quatrième chute existe ou n’existe pas. On peut toujours l’imaginer !
J’arrête là de façon un peu abrupte. Le devoir m’appelle à la galerie. Il me faut aller défendre mes œuvres face aux hordes de visiteurs. C’est dur la vie d’artiste !

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