Ça fait 15 jours que nous sommes revenus au Japon et pas un mot d’écrit ici. On va dire que c’est pour faire un peu de suspens. S’il paraît que ça marche à Oliwoude, je ne suis pas certain que ce soit vraiment pertinent ici, mais bon. Oui, je suis déjà en retard pour vous raconter nos aventures, mais on va faire simple, on va quand même commencer par le début.
En quittant le Japon, j’avais quelques inquiétudes sur l’état dans lequel j’allais retrouver notre jardin. Nous sommes partis sans avoir eu le temps de bien le nettoyer et alors que la saison des pluies allait nous gratifier d’un arrosage XXL. À notre retour, c’était finalement mieux que si ça avait été pire. Voilà deux photos prises juste avant notre départ :


Et voilà deux photos après :


C’est surtout dans la partie potager que la nature s’est un peu emportée. J’ai dégainé la débroussailleuse pour éclaircir tout ça. Pour le reste : désherbage à la mano. Là c’est un peu fastidieux. En me levant avant le soleil, ça me laisse un peu de répit pour travailler avant que ça cogne. Après je perds courage.
Depuis notre retour, on dépasse tous les jours les 30° avec des pics à plus de 35. On va même plus loin si on prend les températures ressenties. La nuit, on ne descend pas en dessous de 25. L’air semble moins humide qu’il ne l’est habituellement l’été au Japon. Conséquence : on n’a pas le filtre de la brume d’humidité et au soleil ça tape fort. C’est une chaleur moins étouffante mais dure quand même. Le genre qu’on a dans les épisodes de canicule en France.
L’avantage de ce temps chaud et sec (on n’a pas eu une goutte d’eau en 15 jours, ou si peu), c’est que l’herbe coupée ou arrachée ne repousse pas. C’est toujours ça de moins à faire.
À l’intérieur aussi il fait chaud. Il y a moins de vent que l’an dernier et la maison, mal isolée, chauffe pas mal. Je bénis l’inventeur du ventilateur, du réfrigérateur et de la douche froide (même si l’eau qui sort des tuyaux n’est pas vraiment froide à cause de la chaleur). Tout ça fatigue un peu le corps et engourdit l’esprit, néanmoins j’arrive à bosser, surtout le soir.
Peu après notre arrivée, nous nous sommes rendus au temple Hirakiki. C’est le temple principal de la région. Nous avons renouvelé nos omamori, ces amulettes porte bonheur dont sont friands les japonais. Il y en a pour toutes les circonstances : réussir ses exams, avoir la santé, protéger la maison ou la voiture, voyager, etc. Pour assurer leurs revenus, ces coquins de moines ont décrété que ces amulettes n’étaient valables qu’un an.
Hirakiki jinja se situe presque au pied du Kaimondake que vous pouvez voir à l’arrière-plan.

En quittant le temple, nous avons trouvé une pauvre cigale qui s’essayait au dos crawlé dans la poussière du parking. Au cas où il s’agirait d’un kami (dieu ou esprit de la religion shinto) qui nous mettrait à l’épreuve, on l’a ramassée et remise dans un arbre… On n’est jamais trop prudent avec tous ces kami qui traînent partout au Japon sous des formes diverses et variées.

Des kamis de ce genre, il y en a plein en ce moment. Par exemple celui-ci qui n’a pas l’air commode :

Ou celui-là qui traîne dans la remise dans l’espoir de gober les araignées qui s’y trouvent, araignées pourtant plus grosses que lui…

Il y a aussi celui-ci aussi à qui on adresse des prières quotidiennes pour ne pas qu’il fasse entrer ses 38 pattes et ses 10 cm dans la maison. Comme je suis sympa, je ne vous suggérerais pas l’image de cette bestiole se faufilant sous vos draps.

Comme il fait sec, les crabes se terrent dans leurs trous. J’ai aperçu quelques téméraires mais ils sont rares par rapport à l’an dernier.
Et pour l’instant nous n’avons pas constaté d’intrus dans la maison, crabe, araignée ou gecko. Du moins pas des gros.
En parlant de bestioles, on en a reçu deux grosses à la maison lundi dernier sous la forme de mon frère et mon beau frère. Fraîchement arrivés de France, ils sont venus en mission pour vérifier nos conditions de vie au Japon. Je suis certain qu’ils sont diligentés par mes parents même s’ils prétendent être là en vacances.
Pour faire diversion, on les a mis dans un bateau et entraînés au large. Direction… Je vous refais le coup du suspens.


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