Un petit article improvisé alors que je me trouve chez mes beaux parents chez qui je suis arrivé tout à l’heure. J’écris ces lignes depuis mon téléphone. C’est moins confortable que depuis l’ordinateur mais bon…
Ce midi nous avons mangé de bonne heure. En effet, nous avions rendez-vous à 13h pour « boire le thé » chez nos voisins monsieur et madame Honda (monsieur Honda, 76 ans, avec qui j’ai fait du softball).

Évidemment, c’était un piège. Nous étions une bonne dizaine autour de la table, tous habitants du quartier. Et sur la table il y avait de quoi sustanter une bonne vingtaine de personnes. Et surtout, il n’y avait pas que du thé. C’est un des traits de monsieur Honda, il aime bien boire. Et il est tellement sympa qu’on se sent obligé de l’accompagner. D’autant plus que le reste de la compagnie est aussi convivial.
En sortant de chez eux, après deux bières, un verre de vin et trois verres de shochu, il ne fallait pas trop m’en demander. Heureusement, ma femme s’est montrée exemplaire (comme d’habitude) et elle a pu prendre le volant jusqu’à Oura.
Si je vous raconte tout ça, ce n’est pas juste pour vous dire que je vire alcoolique. Je voulais aussi vous faire part du bonheur simple d’être en bonne compagnie. Comment le cacher plus longtemps, mon niveau de japonais ne me permet absolument pas de suivre les conversations. Ça parle beaucoup, vite, des conversations simultanées sur des sujets dont je ne possède pas le vocabulaire. Mais ce qui est magique, ce sont les rires et les sourires. Cerné par la bonne humeur ambiante, on se sent bien, même si on ne comprend rien.
Parfois, une personne s’adresse à moi avec un grand sourire puis part à rigoler. Même si je ne sais pas pourquoi, que faire d’autre que sourire et rire ensemble ? L’humain dispose de ressorts intérieurs qui lui permettent d’être en société, de dépasser l’incompréhension pour être ensemble et créer du lien. Moi, je trouve ça beau.
Si j’ai bien compris, cela faisait longtemps que nos voisins ne s’étaient pas retrouvés ensemble. Et tout le monde était ravi de ce moment. Cet instant où nous avons le sentiment de partager quelque chose, où nous cimentons notre communauté par delà nos différences.
J’ai lu récemment dans un article tiré d’une étude scientifique que sociabiliser est un des meilleurs remèdes contre l’extremisme. Rencontrer les autres, pas forcément des inconnus d’ailleurs, désamorce les idées préconçues et nous pousse à apporter de la nuance dans nos jugements.
J’ai vraiment passé un bon après-midi.


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