Je ne crois pas vous avoir déjà parlé du musée Kodama. Il s’agit d’un petit musée d’art contemporain dont la collection s’étend du début XXe jusqu’à aujourd’hui. Le jour où nous avons découvert le lieu, nous avons décidé de prendre un abonnement annuel pour pouvoir le visiter à notre guise.
Lorsqu’on s’y rend, on est d’emblée séduit par le chemin d’accès. Le musée est en retrait de la ville, dans la montagne, complètement caché par la verdure. Après s’être garé, il faut encore marcher environ 300 mètres en traversant une magnifique et inspirante forêt de bambou, dans laquelle serpente un ruisseau. Au grès des saisons, on peut aussi y admirer des cerisiers, des pruniers ou des érables. Ce parcours dans la nature nous aide à nous séparer des choses du quotidien qui peuvent nous encombrer l’esprit et nous prépare au spectacle de l’art. Ce lien entre nature et art par les bienfaits que les deux peuvent apporter à l’âme est remarquablement réussi au musée Kodama.



Le musée en lui-même date de 1985 et se compose de trois grandes salles dans deux bâtiments, reliés par un couloir qui ouvre sur la forêt.

La salle du bas accueille quelques œuvres de Kinosuke Ebihara (un peintre qui a résidé en France à de nombreuses reprises) ainsi que des œuvres qui n’appartiennent pas à la collection du musée pour des expositions temporaires. Lors de notre première visite, nous avons par exemple découvert les œuvres de jeunes artistes de Kagoshima (entre 20 et 25 ans) qui avaient été mis au défi de s’attaquer à de grands formats pour l’occasion (photo ci-dessous).

Dans l’autre bâtiment, une salle est consacrée à la céramique de Statsuma (actuellement Kagoshima) avec des œuvres couvrant la fin de l’ère Edo (XVIIIe – début XIXe siècle) jusqu’à nos jours. Une seconde salle permet de découvrir une partie de la collection du musée.
L’accrochage est élégant. Malgré un espace limité, ils ne cherchent pas à montrer un maximum de choses mais plutôt à mettre en valeur chaque œuvre. Tous les deux mois, le musée est presque complètement renouvelé. Une nouvelle exposition temporaire est accrochée et les œuvres de la collection permanente sont presque toutes remplacées par d’autres œuvres de la collection qui semble assez riche. Il y a donc un véritable intérêt à visiter le musée régulièrement pour découvrir l’ensemble de la collection, mais aussi pour renouveler le regard porté sur une œuvre lorsqu’elle est accrochée à un autre endroit, entourée d’œuvres différentes.
Malgré tous les avantages dont je vous ai parlé précédemment, il y a peu de visiteurs. Peut-être est-ce parce que nous y allons toujours le matin ? Peut-être est-ce dû au fait que le musée est un peu perdu dans la forêt, accessible seulement par une petite route ? En tout cas, les visiteurs semblent précieux pour ceux qui nous accueillent. À chacune de nos venues, il nous a été offert le thé accompagné d’une sucrerie.
Prendre le temps, s’arrêter, contempler, goûter, découvrir, méditer.

Aller au musée, malgré l’heure de route nécessaire, est un vrai plaisir. Cela permet de se ressourcer, de respirer, de s’évader, de s’apaiser. C’est tout à fait le genre de lieu qui devrait être remboursé par la sécu.
J’aime et je chéris ces temps de contemplation, ces moments passés loin des injonctions de productivité, d’efficacité, d’optimisation. Comment se fait-il qu’après avoir pris le temps de contempler la nature ou l’art, on se sente plus rempli alors qu’après une journée de boulot on se sente vidé ? Personnellement, je ressens profondément la quête de richesse de la société de consommation comme une fausse route. Enfin, il y aurait tant à dire là-dessus et tant a déjà été dit…

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