Le week-end dernier, nous étions de retour à Oura pour une soirée intensive d’anniversaires (trois d’un coup !). Comme d’habitude, il y avait une grande effervescence autour de la petite table où nous étions 12. Table qui débordait littéralement de victuailles et, oui, j’ai encore oublié de vous prendre la photo du festin façon famille W. Ça causait de tous les côtés, ça parlait fort, ça rigolait, vous ajoutez de la télé par-dessus et j’ai très vite été complètement largué. Je me suis souvenu de la sagesse populaire française et de ses dictons qui sont toujours une ressource inestimable dans les situations difficiles comme celle-ci : « qui ne dit rien consomme »… ou un truc comme ça, on n’est pas à trois lettres près. En tout cas j’ai mangé comme quatre.
Forcément, dimanche matin je me sentais un peu ballonné au réveil. Pour me soigner, j’ai opté pour une bonne dose de naturopathie : je suis parti marcher dans la campagne. Bon. Il faisait presque un temps de breton et il s’en est fallu de peu pour que je rentre complètement trempé par la bruine. Mais la balade valait le détour.



Depuis quelque temps, les champs de riz sont remis en eau. On assiste maintenant aux premiers piquages de l’année. C’est très très tôt, normalement c’est plutôt vers mai-juin, mais par ici on peut se permettre de commencer de bonne heure, le climat aidant (je n’ai pas dit « le dérèglement climatique aidant »). Et puis avec toute cette eau, les grenouilles sont contentes et elles font presque autant de bruit que la famille W. autour d’un repas d’anniversaire.


Voilà. Je ne vais pas vous refaire le couplet de « Ah ! Qu’elle était belle ma campagne ! », vous connaissez la chanson. Je me suis fait plaisir et ça valait le coup d’affronter l’humidité. Et comme quand j’étais gamin, on m’a souvent dit que j’avais la tête dans les nuages, je l’ai pris au sens propre et d’un coup de voiture je suis parti voir là haut sur la montagne si j’y étais (et c’était le cas).

Arrivé là-haut, je me suis effectivement retrouvé seul avec moi-même. Aucun autre fou pour monter à Kamegaoka par un temps pareil. Gris, gris, gris. De la haut, il n’y avait rien à voir et tout à imaginer… Sauf la fraîcheur et l’humidité qui étaient bien réels et même un peu insistants dans leur matérialité diffuse et sournoise. Le fou a trouvé plus sage de rentrer dans sa voiture et de redescendre tranquillement retrouver la chaleur du foyer.
Sur la route, je m’arrête un instant contempler un cerisier détrempé mais tout en fleurs encore alors que ses congénères, plus bas, ont perdu presque tous leurs pétales. Ça donne envie d’avoir la tête dans les nuages plus souvent.



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