Résumé de l’épisode précédent : Yoko et Gildas sont arrivés à Tokyo. Avant de rejoindre leur rendez-vous à 16h, ils profitent du temps en découvrant Akasaka, quartier paisible et chic du centre de la mégalopole.
Notre promenade nous emmène d’abord au sanctuaire de Hie. En fait, celui-ci se trouve de l’autre côté de l’avenue qui sépare Akasaka de Chiyoda. Donc il est dans le quartier de Chiyoda. Donc le titre de mon article est nul parce qu’on vient à peine de commencer et ça part déjà en cacahuètes.
Le bâtiment principal actuel date de 1958, le précédent ayant disparu dans les cendres de la Seconde Guerre mondiale. Il est situé en haut d’une colline qui a dû lui permettre de dominer le paysage à une époque. Aujourd’hui, les immeubles lui font de l’ombre.

Nous entrons par la petite porte qui se présente sous la forme d’un escalier couvert de portiques rouges.




Et nous ressortons par la grande porte qui nous ramène vers Akasaka (quand même !).
Nous poursuivons ensuite à travers les petites rues pour arriver au sanctuaire Hikawa.



Les bâtiments de Hikawa jinja ont été conservés depuis leur construction en 1729. Le site est un petit îlot de verdure parsemé de quelques sanctuaires secondaires et statues, notamment sept paires de chiens/lions de garde.





On n’a pas l’air d’être en plein cœur de Tokyo là…
Dans l’enceinte du temple, nous trouvons aussi un sanctuaire Inari, dédié au renard.


Il y a même un espace de jeux pour les enfants. Ce temple est une parenthèse au cœur du quartier.

Nous repartons vers un troisième temple. En chemin, nous trouvons ces pruniers en fleurs qui s’épanouissent au pied des immeubles.


Nous avons pu observer ce Zosterops du Japon en train de butiner les fleurs. Ils sont apparemment friands de nectar et pollen ! Comme pour les insectes, leur gourmandise permet la pollinisation dans les arbres qu’ils visitent. Le nom commun japonais de cet oiseau est mejiro qui signifie « œil blanc ».

Et nous voici à Nogi-jinja. Ce sanctuaire porte le nom du général Nogi (1849-1912). Celui-ci est né en 1849 dans une famille de samurai du clan Choshu. En plus d’une formation classique due à sa caste, il reçoit une formation militaire française au sein même du clan. En 1871, il intègre la nouvelle armée impériale issue de la révolution Meiji. Il grimpe rapidement les échelons de la hiérarchie, accomplit quelques faits d’armes et fait preuve d’une très grande fidélité à son souverain. Lors de la rébellion de Satsuma (1877), il perd la bannière impériale de son bataillon, prise par l’ennemi. Il s’en voudra toute sa vie. Il est promu général en 1885 et est envoyé étudier en Allemagne pendant un an en 1887. Il en revient marqué par la sobriété et la discipline de l’armée allemande et décide de suivre cet exemple. Il participe à la première guerre Sino-japonaise (1894-95) et dirige le siège de Port-Arthur contre la Russie (1904-1905) durant lequel 57 000 soldats japonais décèdent. La victoire des japonais dans cette guerre révèle leur puissance aux yeux du monde occidental. De 1908 à 1912, le général fût le mentor du futur empereur Hirohito. Lorsque l’empereur Meiji décède en 1912, le général Nogi, qui a toujours en lui le code de l’honneur des samouraï, décide de le suivre et commet le seppuku avec sa femme (fille d’un samouraï de Satsuma).
Note au lecteur : désolé de passer sans transition de « cuicui les p’tits oiseaux » à « la vie et fin dramatique du général Nogi ». Ce n’est pas vraiment la même tonalité…
Le sanctuaire Nogi est construit en 1923 sur la propriété du général. Sa maison, très sobre, dont il a dessiné les plans lui-même, est toujours présente à quelques pas. Le temple est détruit par les raids aériens de 1945 et le bâtiment que nous pouvons voir aujourd’hui date de 1962, ce qui explique ses lignes très modernes.



Mais poursuivons notre balade. Nous nous rendons dans un parc au sein duquel se niche la galerie 21_21 Design Sight. Ce n’était pas prémédité mais une exposition de design graphique y est actuellement accrochée. Cela parlera à mes collègues de l’ECV, il s’agit ni plus ni moins du TDC, version Tokyoïte ! Le thème : « Tendances et caractères : la poétique du design graphique ». On peut y voir une évolution du design graphique japonais depuis les années 90 (l’arrivée de l’ordinateur dans les studios graphiques) jusqu’à nos jours.



Quelle est la différence entre un TDC au Japon et un TDC à Nantes ? D’abord, l’entrée est payante : environ 9 euros. Malgré le péage, il y a du monde (ne pas se fier à mes photos, je cadre, je cadre…). Beaucoup de jeunes dont on devine qu’ils sont encore étudiants. Si nous avons pu rentrer presque immédiatement en fin de matinée, nous avons pu constater que la queue s’étendait sur 100 m à l’extérieur du bâtiment dans l’après-midi. On aimerait avoir ce même engouement à Nantes.
C’était une visite très intéressante. C’est la première fois que j’ai l’occasion d’être plongé dans le meilleur du design graphique japonais à cette échelle. J’en retiens essentiellement l’évidence que les idéogrammes permettent des choses que nos mots, composés de lettres, ne peuvent pas. La liberté dans le sens de l’écriture, les doubles sens entre la phonétique du caractère et son sens premier sont des jeux familiers au designers japonais qui sont plus difficilement reproductibles dans nos langues occidentales.
Pour voir plus d’images de l’expo, vous pouvez cliquer ici.
Je suis ressorti de là avec une grosse indigestion de signes. Trop de nourriture trop riche d’un coup.
Mais il est temps de nous rendre à notre rendez-vous. On va encore parler d’images, mais des images qui bougent.
À suivre…

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