Oui, nous avons fait du sport dimanche dernier. Nous avons même participé à la compétition locale de « goulan’do goloufou ». Là, je vous fais la version phonétique telle que je la comprenais avant qu’on m’explique.
« Goloufou », je l’avais pigé rapidement vu que j’avais déjà aperçu des gens jouer. « Goloufou », c’est « golf ». Mais « goulan’do » ? Je ne voyais pas. Alors non, ce n’est pas la voie (do) du gland. D’ailleurs le golf n’est pas forcément un sport de glands et on tape dans des balles, pas dans des glands, même si on n’est pas à l’abri d’un coup de club mal placé… dans les glandes. « Goulan’do » ce n’est pas « grand » non plus. J’ai pu constater que la plupart des personnes avec qui nous avons joué avaient des tailles de jockey plus que des tailles de rugbymen. « Goulan’do » c’est « ground ». Et c’est vrai qu’à ce jeu les balles volent aussi haut que mes blagues. C’est peut être pour ça (interprétation toute personnelle).
Nous avons donc fait du « ground golf », ou du « golf de sol »(!?).
Pour nous c’est une grande première. Le responsable du quartier nous avait proposé de nous joindre au groupe. Début de la compet’ à 10h. Lorsque nous arrivons, le parking est plein de keitora. On nous fournit le matériel et hop ! nous voilà cooptés dans une équipe dont nous faisons chuter drastiquement la moyenne d’âge. Il y a 8 équipes de 5 (oui ça fait 40 joueurs). La nôtre est la seule de niveau international… puisque je suis là. Bonjour le niveau international. Après un petit discours de bienvenue et un salut collectif, voici les équipes éparpillées par deux.

Le terrain est divisé en 8 « parcours ». Je mets des guillemets à parcours car à chaque fois, il s’agit d’une ligne droite. Pas de bosquet, pas d’herbe haute ni de bac à sable, ce n’est pas comme le golf qu’on voit à la télé avec ses pelouses bien vertes en pleine canicule. Chaque parcours a sa base de départ (voir photo en tête de l’article) et son but (voir photo ci-dessous) situé à chaque fois à une distance différente. Le but est un piquet avec un fanion qui indique le numéro du parcours. À son pied, il y a une structure métallique circulaire (environ 30 cm de diamètre) dans laquelle ont doit mettre sa balle. Le parcours le plus long fait 50 m. Les parcours s’effectuent dans l’ordre, même si on ne commence pas forcément par le 1. Dès qu’un parcours est fini, on passe au suivant et les équipes tournent ainsi pour réaliser les 8 parcours.

Comment ça marche ?
Il y a donc deux équipes qui « s’affrontent » à chaque fois. Oui, encore des guillemets, vous allez comprendre plus loin. On tire au sort celle qui joue en premier (c’était nous !). Ensuite, chaque membre de l’équipe va essayer d’envoyer sa balle au but (on a chacun une balle). Si la balle est hors du cercle du but (ce qui arrive 99% des fois au premier tir), on place un marqueur au sol (un petit disque de plastique) et on retire la balle pour ne pas gêner les autres joueurs. Quand toute la première équipe a réalisé son premier coup, c’est à l’autre équipe. Ensuite, la première équipe va essayer de réaliser son second coup puis ce sera à l’autre équipe, puis le troisième coup, etc., jusqu’à temps que tout le monde ai réussi à aller au but. Les balles ne sont pas laissées sur le terrain si elles gênent. On utilise alors le marqueur. Pour chaque joueur, on compte en combien de coups il a réussi. 4 c’est bof, 3 c’est la moyenne, 2 on est content, et dans toute la compet’ il y a eu moins de 10 réussites du premier coup.
Assez curieusement, ou alors il y a un truc qui m’échappe, le jeu est très individuel. Il n’y a pas d’interaction avec les adversaires puisqu’on ne peut pas les gêner. Il n’y a pas d’interaction avec les autres membres de notre équipe puisqu’on ne peut pas les aider. On joue chacun son tour et entre les coups on attend. Les clubs servent plus souvent à faire tenir les bonhommes debout qu’à taper dans la balle.

Au bout d’une heure, toutes les équipes avaient fait les 8 parcours. On a fait une pause thé/biscuits et nous sommes repartis pour refaire les 8 parcours, contre la même équipe, sauf que là c’est eux qui commençaient… ce qui ne change rien au fond.
À midi, tout le monde avait fini. Il était temps car on sentait que les balles des anciens allaient de moins en moins loin. Il a fallu 20 bonnes minutes pour faire les comptes, recalculer, vérifier les recalculs et les faire valider. Ensuite est arrivé le moment fatidique des résultats.
Le meilleur joueur a reçu la coupe (qui est remise en jeu chaque année) et une bouteille de shochu. Les quatre suivants ont aussi eu droit à leur bouteille. La moitié des autres joueurs a reçu une enveloppe avec un bon d’achat et tous les participants ont eu une boîte de mouchoirs (!?). Pas de résultat d’équipe, que des prix individuels. Il y a décidément un truc qui m’échappe.
Discours, remerciements, banzaï et salut collectif à la japonaise puis tout le monde s’éparpille pour rentrer chez soi (c’est monsieur Honda, notre voisin, qui nous a ramenés).
Bon, je suis quand même fier de vous annoncer que ma performance a été suffisante pour que je reçoive mon bon d’achat de 500 yens. Un peu plus de trois euros. Je ne suis pas sûr que cela suffise à payer l’équipement de l’équipe de France de ground golf pour la prochaine compétition.

Attention : le paragraphe suivant contient des remarques chauvines.
Je ne voudrais pas paraître désagréable, mais le ground golf ne vaut vraiment pas la pétanque. On joue tout seul et les autres sont seulement là pour faire la conversation entre les coups et, éventuellement, pour faire des oh ! et des ah ! selon l’endroit où arrive la balle. Pas de stratégie (« tu la tire ou tu la pointes ? »). Pas de mesquinerie (« reste devant, ça gênera les autres »). Pas de mauvaise foi (« c’est l’aut’, il me regarde quand je vais tirer »). Bref, ça manque du sel que les latins savent mettre quand ils jouent aux boules.
Mais nous avons quand même passé un moment sympa et, si on nous repropose, je ne dirais pas non. Il a fait super beau et à la fin je me suis fait draguer par un groupe de mamies… la vie de rêve quoi !
Et sinon ?
Sinon, dimanche c’était aussi la fin des élections locales. Heureusement. Vendredi et samedi ont été un point d’orgue car tous les candidats déambulaient en voiture dans les quartiers : « votez pour moi, merci, s’il vous plait, je compte sur vous, merci, votez pour moi, etc. » Parfois on en entendait trois en même temps. Et lundi, le gagnant a refait un tour pour dire merci. Pour avoir abordé la question avec des japonais, eux-même ne comprennent pas pourquoi les politiciens font ça. Ils sont d’accord pour dire que ça gêne tout le monde. Alors ? Le poids des traditions sans doute. Quand on pense que ce sont des personnes prises dans les traditions qui gouvernent ensuite, on se dit qu’on n’est pas prêt de voir émerger des solutions innovantes à nos problèmes.
Enfin, j’espère que vous avez bien vécu la transition « sans transition » entre les articles précédents sur la nature et les temples et celui-ci sur le « sport ». Il y a plein de choses différentes à découvrir ici.

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