Après s’être équipés à Kagoshima, nous voici arrivés sans délai à Kirishima. Avant de rejoindre notre hôtel, nous faisons un détour par Kangamiso dont je vous ai déjà parlé ici. Nous sommes un peu plus tôt dans la journée et c’est notre deuxième visite. L’impression est moins forte mais le lieu reste puissant. Cette trouée dans la pierre, couronnée d’arbres dont les racines descendent le long des parois ne laisse pas indifférent. J’ai regardé, d’après Google map l’endroit ne fait que deux cent mètres de long. Une fois dedans, les distances ne sont plus les mêmes.


Nous rejoignons l’hôtel que Yoko a choisi. Il est très bien situé juste à côté du Kirishima jingu, le temple principal de Kirishima, classé trésor national. Malgré cela, les prix sont très compétitifs. Et on comprend pourquoi. Le lieu est tenu par une dame qui a dû laisser filer ses 75 ans depuis un bon moment. Elle semble seule à s’occuper des 8 chambres. La salle d’accueil est encombrée d’objets qui n’ont rien à faire là. Nous apercevons la cuisine qui ne répond certainement pas aux normes européennes. Notre chambre est d’une grande sobriété. La fenêtre ouvre sur la forêt. Il y a une télé mais pas de téléphone. Des WC mais pas de salle de bain. La salle d’eau est dans le couloir qui dessert les chambres. Oui, dans le couloir, ce n’est pas une pièce à part.


Entre chien et loup, nous allons manger yakiniku. Yaki : grillé, niku : viande. En vrai ils nous donnent aussi des légumes (choux, poivrons, oignons), un bol de riz et un bol de soupe. Mais surtout, tout est à volonté ! Nous n’avons même pas réussi à terminer ce qu’ils nous ont servi par défaut. Mais on a vu des voisins et voisines de tables qui commandaient et recommandaient des plats. De là à dire que c’est un resto que je vous recommande… Nous avons bien mangé.

Après ce bon repas, retour à l’hôtel. Nous profitons du onsen (la source thermale). Là aussi, c’est sans fioriture, plutôt vieillissant. Mais l’endroit est propre. J’adore cette ambiance. Yoko du côté des femmes, moi du côté des hommes, nous sommes seuls. Dans le fond du bain, l’eau de source laisse un léger dépôt. Je m’amuse à dessiner une tête de Toto et un cœur avant de tout effacer. On ne sait jamais si quelqu’un débarque… Je représente la France quand même !


Le lendemain matin, samedi. La forêt devant notre fenêtre est toujours là. Quelle persévérance à supporter les humains ! Nous grignotons un petit petit déjeuner et filons à pied au Kirishima jingu. C’est encore un peu l’automne et le soleil matinal dans les feuilles oranges-rouges réchauffe le paysage.




Beaucoup ont déjà perdu leurs feuilles.




La petite statue derrière sa marre d’eau chaude représente un kami (dieu) qui protège des épidémies. C’est pas de sa faute, il était en vacances fin 2019 – début 2020, dit-il…

Au bout de la longue allée qui nous ramène vers l’hôtel, nous regardons le panorama qui s’offre à nous. Le Sakurajima a du coton dans les oreilles. Tant mieux si ça l’aide à dormir.

Lorsque nous sommes venus au mois d’octobre, j’avais pris les trois photos ci-dessous. Les arbres et le bassin à leurs pieds. Grand bien m’en a pris.



Ce 2 décembre, les arbres ont été coupés et je ne donne pas cher du bassin. Non, ils n’étaient pas malades. Et non, je ne crois pas beaucoup à l’histoire que nous a racontée la dame de l’hôtel, comme quoi il y avait un risque pour les incendies. Le temple est bâti au milieux des arbres.
D’après une personne qui travaille à l’entretien du temple, il va y avoir un bâtiment de construit ici. D’autres travaux ont lieu non loin de là dans la forêt. Voilà le prix à payer pour être devenu un trésor national en février 2022. Depuis, le Kirishima jingu connaît une plus grande affluence. Les gens font des dons. Et il y a sans doute des financements supplémentaires qui arrivent de l’État. Il faut faire quelque chose de tout ça.
Je vous laisse le soin de tirer la morale de l’histoire.

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