Piafs et clap de fin

Lundi dernier, je suis allé à Nagasakibana pour la deuxième fois. Il s’agit de la pointe ouest de l’entrée de la baie de Kagoshima. J’aime bien ce lieu pour plusieurs raisons. Pour arriver au cap à proprement parler, il faut garer la voiture puis passer à pied devant plusieurs boutiques qui témoignent d’un « âge d’or » révolu. L’endroit est hyper rétro, plusieurs magasins sont fermés et les rideaux de fer n’ont pas été relevés depuis des années.

Dans les boutiques qui restent, on peut acheter à manger et à boire (quelle surprise !), mais aussi divers objets plus ou moins kitchs, certains très onéreux comme des sculptures en bois parfois assez imposantes ou des tortues marines passées entre les mains de taxidermistes. Il y a même un magasin qui se vante de vendre les boken (sabres en bois) les moins chers du Japon ! Genre 5-6 euros pièce…

Puis l’allée continue sur un ensemble rocheux qui s’avance dans la mer. De là, le paysage est très chouette avec, à l’est, l’entrée de la baie et, à l’ouest, le kaimondake.

Au sud, nous voyons les îles : d’est en ouest (de gauche à droite) : Takeshima et Iojima. Kurojima est hors cadre un peu plus à l’ouest. Au-delà de Takeshima, il est possible d’apercevoir Yakushima par temps clair, mais pas aujourd’hui.

Je vais sur place car pour moi il s’agit d’un terrain de jeu pour la photo. J’espère pouvoir vous montrer ça en vrai à notre retour…

Et donc, lundi dernier, alors que je crapahutais dans les rochers, j’ai été observé par des oiseaux. Limite, je faisais l’objet d’une étude anthropologique de la part de scientifiques du genre aviaire.

D’abord une sorte de faucon (il y en a pas mal sur la côte par chez nous).

Puis par un héron. Je crois qu’il était plus intéressé par les pêcheurs à la ligne que par moi, mais bon…

Et enfin par un corbeau. Les corbeaux, ce n’est pas ça qui manque ici. Ils sont beaucoup plus présents au Japon qu’en France. Et quand ils se rassemblent, on ne peut s’empêcher de penser à Hitchcock. Là ça va, il n’y en avait qu’un. Mais il me regardait bizarrement quand même ! Je me demande à qui il a cafté tout ce qu’il a vu.


Et sinon ?

Sinon voilà à quoi ressemble mon exposition depuis hier soir. Tout tient dans ces boîtes. Ce n’est pas grand chose quand même !

Comme je l’avais senti dès le début, tout s’est très bien passé. Le public a bien réagi à mes images, souvent intrigué (le besoin humain de rattacher ce qu’on voit à quelque chose qu’on connaît), mais surtout apaisé par les compositions, ce qui me comble. L’accrochage de l’ensemble et surtout tous les échanges m’ont permis de verbaliser ce qui se passe lorsque je prends des photos. Cela a beaucoup de valeur. Les images ont délié les langues, invitant chacun à exprimer ses sensations, ses sentiments. J’ai pu observer les cerveaux, les cœurs et les corps réagir.

J’ai passé beaucoup de temps à la galerie ce mois-ci (trois fois par semaine). C’était un moment précieux, riche, de ce genre de richesse que les économistes n’arrivent pas à quantifier, une richesse qui n’entre pas dans le PIB.

Financièrement parlant (quand même !), j’ai dû faire un petit bénéfice (je n’ai pas tenu mes comptes de façon exacte). J’ai vendu plus de 120 cartes postales (que j’avais imprimées à la maison) et 6 œuvres. Attention, quand je parle de bénéfice pécuniaire, je fais abstraction complète du temps passé, que ce soit en prise de vue, en préparation ou en présence à la galerie.

La date reste à fixer mais j’ai déjà décidé de refaire une exposition là-bas au printemps 2025. Ce sera l’occasion de montrer aux habitants du coin ce que j’ai vu chez eux.

D’ici là, il y aura d’autres projets. À commencer par une courte vidéo qui, si j’arrive à la faire, sera projetée à Tokyo au mois de février.

L’aventure qu’ils disaient !

8 réponses à « Piafs et clap de fin »

  1. Bonjour Gildas
    J’adore ton goût pour la nature quitte à prendre des risques .Les photos d’oiseaux et autres sont déjà très belles alors vive la prochaine expo.et bravo pour la réussite de la présente

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    1. Merci Dominique ! Je ne prends pas beaucoup de risques en général, si ce n’est celui de me tordre la cheville dans les rochers !

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  2. L’aventure oui ! Euh, par contre le rapace ça serait plutôt une buse pas un faucon qui n’a pas la même taille ni apparence… ________________________________

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    1. Ah ? Je croyais que c’était moi la buse…

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  3. Je viens de me renseigner auprès d’un ami naturaliste japonais, fin connaisseur, et il s’agit du milan brun. Le fameux « tombi » que l’on voyait aussi partout à Kyoto au dessus de la rivière 🙂 Excellent aussi ces vieilles boutiques rétros, c’est un « bout du monde » cette baie ! ________________________________

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    1. Je savais bien que je pouvais compter sur toi pour rectifier le tir ! Si j’ai dit « faucon », c’est quand même moins grave que si j’avais dit que c’était un aigle, non ? En tout cas merci pour la précision !

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      1. En fait vu la masse, on aurait pu dire aigle car c’est le même dessin quelque part et il y a des aigles marins ( au Japon à Hokkaido )
        mais ils sont plus massifs tout de même.
        Le faucon lui est beaucoup plus petit, regarde le crécerelle qui survole nos champs par rapport à la buse par exemple.
        En tous cas fascinant à observer toute cette faune, c’est plus cool que les araignées hein ? ^^
        Après les tempêtes, balade-toi sur les plages, on ne sait jamais, peut-être verras-tu des poissons typiques du coin rejetés par les flots ?
        Et merci pour ce bol d’air marin !
        Bises à tous les deux

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  4. […] Pour le second film, M. Hirano m’a demandé de faire quelque chose sur le thème des fleurs avec une contrainte forte : pas plus de 90 secondes. J’ai réalisé les images à Nagasakibana, un cap situé à 30 minutes à l’est de chez nous. Je vous ai déjà parlé de cet endroit dans cet article : piafs et clap de fin. […]

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