Ça fait quoi d’être un artiste ?
Commençons par préciser que, contrairement à la chanson, je n’aurai pas voulu être un artiste pour pouvoir faire mon numéro. C’est venu comme ça. J’ai toujours bricolé des trucs dans mon coin mais sans le faire sérieusement, sans leur donner d’importance et encore moins de visibilité. Et puis, sans transition, voilà que je réalise ma première expo personnelle. Le coup est parti tout seul. Un coup de tête, diraient certains, mais sans la tête alors. Je n’ai pas vraiment réfléchi. Je l’ai fait, c’est tout.
Donc l’expo a ouvert ses portes dimanche à 14h. Quelques visiteurs sont venus dans l’après-midi, ce qui m’a permis de prendre un peu la température et m’a donné confiance pour la suite.

Vers 18h, le vernissage a commencé. « Bonjour, je m’appelle Gildas, je suis français, c’est ma première expo mais je suis déjà un artiste international (comme j’expose au Japon…) ». Bon. J’avais une vingtaine de personne devant moi, y compris les gens de la galerie et ma femme. Pas de quoi pavoiser. Le discours a été assez court. En gros : « les photos sont des fenêtres. On ne peut pas passer la tête pour regarder ce qu’il y a au-delà du cadre, il faut donc laisser l’imagination faire. Si possible, laisser la tête de côté et voir avec le cœur ». J’aurai pu parler de ma méthode, comment je compose avec point-ligne-surface, comment je cherche par le cadrage à transporter un bout de réel dans un autre univers, mais Yoko m’avait conseillé, avec justesse, une approche plus soft.
Ensuite nous sommes passés à la partie la plus intéressante de tout vernissage. On a bu un coup et mangé.

J’avais préparé des biscuits salés (dans les trois plats ci-dessus). Il y avait des tsukemono (légumes vinaigrés, pour faire simple) et des pommes de terre douces caramélisées, le tout fait maison. Question boissons : pas d’alcool. Au Japon la tolérance est de zéro sur la route.
J’ai reçu des gâteaux, des bouteilles et des fleurs… Et ça tombe bien parce que j’aime bien les fleurs. Par contre, tout est à la galerie, je n’en profite pas beaucoup.

Il y a eu des échanges avec les visiteurs bien sûr. Mon travail semble avoir été apprécié. Certains n’ont rien dit mais d’autres se sont montrés sincèrement enthousiastes. Certains visiteurs ont relayé l’info suite à leur visite. Et puis il y a cette femme qui m’a dit avoir eu des frissons. Si mon travail déclenche des réactions épidermiques au sens propre, c’est qu’il doit y avoir quelque chose dedans. À moins que ce soit un problème de réglage de la clim ? Mais la clim, ça ne fait pas pleurer ! Oui, parce qu’il y a eu cette autre femme qui a pleuré devant les photos « Naissance de la mer » et « Spiritualité de brindille ». Pour moi, mes photos étaient des ouvertures vers le rêve, l’imaginaire, je n’avais pas imaginé qu’elles pouvaient être des fenêtres vers les souvenirs…


Bien que ce ne soit que le début de l’expo, c’est déjà pour moi un succès. Pas financier, hein ! Là c’est pas gagné. Mais au niveau intellectuel, social et émotionnel, c’est chouette ! Après avoir porté la casquette de l’artiste, je comprends (un peu) mieux le rôle de l’art dans la société. Et je sens que cette première expo va m’aider à aller plus loin dans ma pratique.
Donc affaire à suivre. Où ? Quand ? Comment ? Je ne sais pas. Mais à suivre…
PS : merci pour tous vos messages d’encouragement (ceux envoyés par la pensée me sont bien parvenus aussi). J’aurai bien aimé vous avoir sur place pour cette première.

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