J’ai retardé le moment au maximum mais hier on a craqué. Yoko a diffusé l’info sur les réseaux donc pourquoi ne pas en parler ici. Depuis le mois d’août, je prépare un projet assez inattendu, en tout cas ici et aujourd’hui. Même s’il y avait quelques signes avant-coureurs.
Mercredi prochain, j’accroche ma première expo personnelle de photographie qui ouvrira ses portes le dimanche 5 novembre.

Bien sûr que je vous invite à venir la voir ! Vous avez le temps, c’est jusqu’au 28 novembre. Mais connaissant votre côté casanier, je suis certain que vous ne viendrez pas. Pffffff !
Je prépare donc cette expo depuis le mois d’août. Très tôt après notre arrivée, nous avons prospecté pour trouver des endroits où Yoko pourrait exposer. Nous avions repéré cette petite galerie tenue par un jeune couple vraiment gentil qui souhaite diffuser l’art dans notre bout de campagne. Après avoir visité le lieu, dans la voiture qui nous ramenait, j’ai décidé de me lancer.
Évidemment, j’avais déjà une idée de ce que j’allais montrer. Depuis un moment, je mets de côté certaines photos en me disant que, bon, un jour, peut-être…
Et puis il y a eu ce livre que j’ai réalisé avec Armelle Gapihan et Yoko à l’occasion de leur exposition commune en avril dernier. L’expo était belle, le lieu inspirant. J’ai pris pas mal d’images et nous avons décidé tous les trois de donner forme à cet ensemble pour conserver un témoignage de ce moment. Le livre a été édité en 3 exemplaires (pour l’instant…). Un premier pas pour officialiser mon travail de photographie.



Il y avait donc un truc souterrain en formation qui a soudainement surgi ici. Nul n’est prophète en son pays, dit-on. Il faut donc que je tente ma chance au Japon. Et puis ici, ce n’est pas très grave s’ils se moquent de mon travail, je ne comprends rien !
Donc l’expo se compose de 27 images. 12 formats 26,7 x 21 cm ; 9 formats 37 x 30 cm ; 6 formats 53 x 42 cm. Tous sont imprimés sur Epson Velvet Fine Art Paper, un papier mat assez texturé. Chaque image est en tirage limité à 5 exemplaires numérotés et signés.



Pour les petits formats, j’ai réalisé les supports de présentation en bois que vous voyez sur la photo. J’ai aussi imprimé des cartes postales, 8 modèles en tout.

De quoi parle-t-elle, cette expo ? Qu’est-ce que je raconte avec tout ça ? Ah ! Les grandes questions que voilà ! Je crois qu’un des intérêts de l’artiste à montrer son travail réside là. Qu’est-ce que je montre ? Pourquoi je fais ça ?
J’ai toujours aimé faire de la photo, mais sans m’investir vraiment. J’avais comme modèle mon père (coucou papa !) que j’ai toujours vu appareil photo en bandoulière lorsque nous partions en vacances en famille (avant qu’il ne passe carrément au documentaire filmé depuis… plus de 20 ans maintenant ?). Et puis, forcément, avec mon métier je vois défiler les images, je recadre, je retouche, je forme mon œil. Et je mets en page aussi, la composition graphique est l’essentiel de mon savoir-faire. Tout ceci ressort finalement dans le travail photographique que je présente aujourd’hui.
Le travail de photo repose essentiellement sur le cadrage. Ce que l’on montre, ce que l’on ne montre pas, ce qui est suggéré. Dans les choix que je fais, je cherche à extraire de l’environnement des morceaux du réel et de les donner à voir sous un angle différent. Privés de leur contexte, ces quelques éléments isolés ne se regardent plus pour ce qu’ils sont mais pour les formes graphiques qu’ils dessinent dans des espaces aux dimensions incertaines. Peu importent le lieu et le moment de la prise de vue, les yeux, en cherchant à interpréter ce qu’ils voient, voyagent dans l’espace de l’image. Dans mes photos, il y a beaucoup d’espaces ouverts ou des lignes qui sortent du cadre suggérant un univers plus vaste. Comme il y a peu d’éléments dans l’image même, j’espère donner ainsi au spectateur l’opportunité d’imaginer par ses propres moyens le monde où se trouve ce qu’il a sous les yeux. Ainsi, mes images sont une proposition à partir de laquelle chacun peut devenir créateur par expansion de l’image. Même si rien de concret n’est visualisé, je suis persuadé que le cerveau, dans son intimité, fait le travail. Un peu comme dans un rêve.
Bref ! Tout ça ce sont des mots. Bientôt vous pourrez juger sur pièce. Je vais faire en sorte que vous puissiez voir ça sans bouger de votre fauteuil.
En préparant notre séjour au Japon, j’ai souvent dit que nous partions à l’aventure. Il y a tellement d’inconnues, il y aura forcément des surprises ! Cette exposition en est une.

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