Nous avons été chercher la nièce de Yoko, Kiyo, à Kagoshima. Et plutôt que de faire 1h15 de route, nous avons choisi le train. Nous partîmes à 6h38 le matin et, sans prompt renfort, nous arrivâmes tous les deux à Kagoshima à 8h51 après 27 arrêts dans de petites stations. Donc on s’est levé tôt (mais pas si tôt en fait, il faudra que je vous en parle…) pour le plaisir de faire 2h13 de trajet au lieu d’1h15 en voiture.
Mais puisque je vous ai dit que vous pouviez venir nous voir en train (certes, après avoir fait un peu d’avion), il fallait bien qu’on expérimente l’opération. Pour rappel, la gare de Goryo est à moins de 10 minutes à pied de chez nous.
Au départ nous étions un peu décontenancés car dans notre gare internationale (au moins depuis que j’y prends le train en tout cas) on ne peut pas acheter de billet. Le principe consiste à prendre un ticket en montant dans le train. Sur ce ticket est noté la station où nous sommes montés. Au moment de descendre, on paye au conducteur en fonction de la distance parcourue (voire la machine infernale à payer sur la photo ci-dessous : j’imagine qu’il suffit de suivre les flèches…).

Bien sûr, il y a une exception : si vous arrivez à Kagoshima, terminus de la ligne, c’est en sortant de la gare que vous paierez votre billet. L’exception est valable dans l’autre sens : si vous prenez le train à Kagoshima, vous achetez votre billet avant d’aller sur les quais. Mais dans ce cas, il ne faudra pas oublier de le montrer au conducteur au moment de descendre. C’est à dire ne pas faire comme nous qui sommes partis comme des voleurs.
Enfin ! Ceux qui ont déjà pris le train ou le métro au Japon voient de quoi il retourne. Il nous en aura coûté 1500 yens (environ 10€) par personne et par trajet.

Les plus maniaques d’entre vous souligneront immédiatement le fait que les vitres sont d’une propreté douteuse. C’est vrai. C’est cracra. C’est que notre train, non content de nous transporter, creuse lui-même son chemin à travers les tunnels de végétation qu’il traverse. Les vitres sont souvent balayées par les branches d’une nature bien vivante qui tend à occuper tout l’espace disponible. Heureusement, dans cette densité verte, il existe tout de même des ouvertures vers le paysage. Traverser la campagne, champs et villages, avec la mer et le Kaimondake en toile de fond, c’est sympa même si les vitres sont sales ! Et puis on découvre la faune humaine qui fréquente le train.

Au début du trajet, nous étions les seuls à avoir plus de 25 ans. Oui, bien qu’au moment de la photo l’école n’ait pas encore repris, on voit que les élèves japonais fréquentent l’école pendant les vacances aussi ! (Je n’ai pas d’explication à vous donner là dessus). Puis peu à peu, le wagon s’est vidé des plus jeunes pour laisser la place à des personnes « en civil » qui se rendaient à Kagoshima. Des gens normaux, sauf qu’ils sont tous japonais.
Arrivés nous aussi à bon port, le temps de prendre une boisson et de récupérer Kiyo, nous voici repartis dans l’autre sens. Départ 10h02, arrivée 12h21, pile à l’heure. L’exactitude des trains japonais n’est pas une légende, même sur des petites lignes comme la nôtre.

Alors non, notre train n’est pas conduit par l’homme invisible. C’est juste qu’il y a une cabine de pilotage à chaque extrémité de la rame. On appréciera le design délicieusement rétro de l’endroit.


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