Et au milieu coule une rivière…

Ce matin, petite balade dans les rues de Goryo. Il est aux alentours de 7h. Le soleil est déjà haut. Levé depuis 5h48, il s’est extrait de l’horizon barré par Onodake, une montagne à l’est de chez nous que je ne vous ai pas encore présentée. À 6h pile, une musique est diffusée dans tous les hauts parleurs du village. Cela explique sans doute mon levé matinal… Quelle idée de réveiller les honnêtes gens ainsi ! Surtout ceux qui bossent tard à cause du décalage horaire ! Avec Yoko, nous supposons qu’il s’agit d’une routine qui nous dit que tout va bien, le système d’alerte d’urgence fonctionne (il faudra que je fasse un article sur les systèmes d’annonces locaux).

Donc vers 6h30, me voilà parti à la gare regarder les trains passer. Il s’agit là d’une vieille tradition bovine de nos campagnes françaises que j’essaye d’importer au Japon. Je ne suis pas certain de réussir cette acculturation…

Il n’y a rien d’extraordinaire à Goryo. C’est un petite quartier de campagne qui ressemble à beaucoup d’autres petits quartiers de campagne japonais.

Comme partout au Japon, au milieu coule une rivière.

Et comme pas partout au Japon, le Satsuma Fuji, autre nom donné au Kaimondake, sert de toile de fond au paysage.


Petite note culturelle

L’appellation « Satsuma Fuji » fait référence à deux choses :

– Fuji pour le mont Fuji, ça c’est évident, la forme dit tout.

– Satsuma est l’ancien nom de province d’une partie de la préfecture de Kagoshima. Elle est dirigée par un clan puissant dont les origines remontent au XIIe siècle : les Shimazu. Cette famille possède deux autres provinces voisines : Osumi et Hyuga. Ces trois provinces seront gouvernées par le clan de la période de Kamakura (1185-1333) jusqu’à la restauration Meiji (deuxième moité du XIXe siècle), c’est à dire tant que le Japon a été dirigé par les shogun, ce qui est assez rare comme longévité. Les Shimazu, de par leur puissance guerrière, jouent un rôle important dans l’histoire du Japon, mais souvent dans le camp des perdants (face à Hideyoshi à Kyushu, face à Tokugawa Ieyasu à Sekigahara). Mais ils sont sans doute à l’origine du rattachement au Japon du Royaume des Ryukyu (aujourd’hui préfecture d’Okinawa). Ils en prenne le contrôle en 1623. Deux personnes issues de la province font partie des trois héros de la restauration Meiji en participant activement au renversement du shogunat : Saigo Takamori et Okubo Toshimichi. Mais les réformes allant trop loin selon eux, notamment dans l’abolition des droits des samouraïs, ils se révoltent contre l’empereur. Une nouvelle et dernière défaite. En 1871, le gouvernement impérial redessine la carte administrative du Japon. La province de Satsuma est regroupée avec la province de Osumi dans la préfecture de Kagoshima.

4 réponses à « Et au milieu coule une rivière… »

  1. L’extraordinaire se niche aussi au creux de l’ordinaire. Ou peut-être que, dit autrement, l’extraordinaire jaillit de l’ordinaire. En tout cas, la description intime que tu fais de Goryo la rend extraordinaire.
    Et, comme d’autres qui suivent ton blog, je te remercie, de nous faire découvrir le Japon par le petit bout de la lorgnette :).
    Belle journée,

    Aimé par 1 personne

  2. Un beau voyage dans l espace et le temps. Un plaisir ! On dirait de la neige sur le satsuma fuji !

    J’aime

    1. Je pourrais vous envoyer une photo différente du Kaimondake presque chaque jour ! Le monsieur est très créatif dans ses coiffures.

      J’aime

  3. […] fondatrice du clan Shimazu (clan qui a gouverné la province de Satsuma, je vous en avais parlé ici). D’ailleurs, en plus de la divinité tutélaire, Shimazu Tadayoshi est lui aussi vénéré […]

    J’aime

Répondre à Jérôme Annuler la réponse.