Sur la photo en une, on ne voit rien. Normalement vous devriez voir le Kaimondake et la mer. Mais là : rien. C’est que, après s’être montré aimable en patientant gentiment que le week-end passe, le typhon frappe à la porte. Ou plutôt, il souffle. Façon grand méchant loup dans les trois petits cochons. On va voir si notre maison est en paille, en bois ou en briques… Les bretons ont une fois de plus raison : le granit ça ne bouge pas.
Ce typhon sympathique (jusqu’à hier soir) est le numéro 6 et répond au nom de Khanun, qui est le nom thaïlandais pour le fruit du jacquier. Il faut bien donner un nom aux choses.
En rentrant de chez les parents de Yoko hier soir (où nous avons passé un excellent week-end à base de festins successifs) nous avons donc barricadé la maison. Et nous vivons depuis dans l’ombre (dont je ferais un éloge, mais plus tard).
Nos grandes baies vitrées ouvertes sur le jardin disposent de panneaux prévus pour les typhons (les japonais utilisent des rideaux occultant pour faire le noir chez eux au quotidien, pas des volets). Ces panneaux se rangent tous dans l’espèce de coffre que vous voyez à gauche sur la photo. Il y en a pour presque toutes les fenêtres de la maison.
Comme je vous écris, nous avons eu une annonce comme quoi nous passons en alerte niveau 3 (sur 5). Les personnes âgées situées dans une maison vulnérable sont invitées à aller se réfugier au centre communautaire (il y en a dans tous les quartiers au Japon). On ne sait pas trop comment ce petit monde va se déplacer jusque là. J’ai bien peur qu’avec ce vent, on retrouve des petites dames accrochées aux branches des arbres à 20 km de chez elles…
Aujourd’hui, nous aurons des pointes à plus de 80 km/h. Pour demain on va dépasser les 110. Deux jours au moins à vivre sans mettre le nez dehors. C’est moins long qu’un confinement Covid sauf qu’on ne peut pas aller promener son chien ni se signer des autorisation de sortie à soi-même.
On dit souvent que le Japon est un pays un peu extrême au niveau risques naturels. Entre les typhons, les volcans, les tremblements de terre (et les raz-de-marée qui peuvent aller avec), c’est vrai qu’on est gâtés ici. Mais les gens sont organisés. On a toujours des lampes secours, de l’eau potable, des denrées non-périssables et divers petit matériel chez soi. Au cas où. Là où nous sommes, c’est surtout les typhons. C’est saisonnier, plutôt prévisible. On le voit venir.
Voilà. C’est le premier typhon de ma vie. Je crois que le loup va s’essouffler avant que la maison s’envole.



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