D’un paysage à l’autre

L’autre jour (une formule qui m’évite de souligner que j’ai trois semaines de retard pour vous parler de ça…), je me suis réveillé de bonne heure. Vers 6h30. Le temps de sauter dans mes vêtements, me voici parti sans tambour ni trompette pour le mont Ono, histoire d’assister au hissage du soleil devant le drap bleu du ciel. Il fait beau, c’est parfait.

Arrivé sur place, j’ai le temps d’admirer le paysage dans la lueur de l’aube. Le lac Ikeda, la baie de Kagoshima, le Kaimondake et, au loin, les îles.

Le temps est même suffisamment clair pour qu’on aperçoive (à peine) la silhouette de Yakushima.

Le soleil émerge à 7h21. Il s’est mis un petit nuage en guise de casquette… pour ne pas s’auto-éblouir ?

Peu à peu, les champs de thé s’éclairent.

De l’autre côté, le mont Ono projette son ombre sur la grande plaine qui court depuis son pied jusqu’à Makurazaki et les montagnes qui dissimulent Bonotsu (plutôt à gauche) et Oura (plutôt vers la droite), tout au fond. La maison est déjà éclairée. Vous la voyez ?

Et là ? C’est mieux ?

Bon ! En vrai, la maison est cachée par des arbres. Elle se situe à la verticale du gros bâtiment blanc, un peu en dessous. En tout cas, ça vous donne une idée de la taille du quartier où nous habitons, Goryo.


Le 26 janvier, nous faisons une virée à Kagoshima. Nous commençons par aller au musée Kodama (nous y allons tous les deux mois environ grâce à notre pass). Il fait assez froid dans les grandes salles et j’ai plus envie de me réchauffer à regarder la nature à travers les baies vitrées que de regarder des œuvres qui ne m’emballent pas plus que ça cette fois ci. On ne peut pas tout aimer.

Comme d’habitude, on nous propose gratuitement une petite collation. En général il s’agit d’un thé avec une sucrerie, cette fois-ci c’est zenzai. Il s’agit d’une sorte de soupe de haricots rouges dans laquelle on a mis des morceaux de mochi (pâte de riz pilé). En l’occurrence, il s’agit de mochi fait pour le nouvel an, nous voilà donc assurés d’être heureux pour l’année (c’est important la symbolique !).

En sortant du musée, nous faisons quelques pas dans le parc pour aller voir de drôles de fleurs jaunes qui semblent faites en cire. Il faudra que nous revenions au bon moment pour admirer le reste des arbres qui fleuriront d’ici un mois ou deux.


Après avoir déjeuner, nous gagnons Kagoshima pour visiter le musée Nagashima. C’est la première fois que nous y allons. Il y a deux expos temporaires en plus de la collection permanente.

Je n’ai pas pris de photos et je ne vais pas vous mimer les œuvres, donc pas plus de description que ça. Malgré sa taille très modeste si on compare aux musées d’art français, ça reste quand même un musée important qui abrite un Modigliani, un Braque, un Chagall, un Foujita, un Buffet, etc. en plus des têtes de file locales du XXe siècle. Il y a aussi une belle collection de céramiques et de nombreuses statues à l’extérieur.

Et puisqu’on parle de l’extérieur, le musée est situé sur une colline qui domine la ville, avec le Sakurajima en toile de fond qui persiste à fumer dans les lieux publics au mépris de la santé de ceux qui vivent autour.

Ce jour-là il y a du beau monde dans la baie. Il s’agit d’un des deux porte-hélicoptère du Japon, le Kaga ou le Izumo. Je vous laisse comparer la taille du machin par rapport au bâtiments qui sont au premier plan.


Pour terminer cet article, je vous emmène au mont Choya, pas très loin de Oura (chez les parents de Yoko). Nous y avons passé la nuit le week-end dernier et comme je me suis levé de bonne heure (oui, encore !), j’ai pris la voiture pour aller voir le paysage de là haut au petit matin.

Et qu’arrive-t-il lorsqu’on va en haut et que le ciel est bas ?

Heureusement, j’aime le brouillard. J’aime lorsque le paysage se transforme ou disparaît, qu’il permet le fantasme. Dans le brouillard, le paysage est et n’est pas à la fois. Pour un peu, il serait quantique !

3 réponses à « D’un paysage à l’autre »

  1. Mais quel conteur extraordinaire tu fais ! En plus de tes talents de photographe, bien sûr.

    C’est magnifique de voir que la nature commence doucement à se réveiller de l’hiver sous le soleil et la brume.

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    1. « Se réveiller de l’hiver… » Je pense que le prochain article va : a) te surprendre b) te faire rigoler c) te donner envie de retourner hiberner d) a, b et c à la fois

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  2. Avatar de Jerome Marchand
    Jerome Marchand

    avec un peu de vent, je te vois, je ne te vois pas, plus ! les paysages changent.

    Le bateau a plu a Arturo !

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