Ouh la la ! Ça va vite ce début d’année !
Je vous l’ai déjà dit mais ça bosse beaucoup en ce moment. Littéralement matin, midi et soir. Il en découle que c’est plus difficile de s’installer à écrire quand on a plutôt envie d’aller voir dehors si j’y suis (spoiler alerte : j’y suis pas puisque je bosse). D’où ce rythme de publication qui s’étire dans le temps. Bref ! Revenons à nos moutons (ce qui me fait penser que je n’ai pas vu de mouton par chez nous, des chèvres, oui, mais pas de moutons et ça se comprend quand on pense aux chaleurs estivales). Donc bref !
Nous avons passé le nouvel an chez les parents de Yoko. Arrivés le 30, partis le 3.
Le 31, mon beau père a confectionné le traditionnel shimenawa du nouvel an. Outre la corde de paille de riz, plusieurs composants entrent dans la fabrication. Ils sont bien entendu présents pour leurs aspects symboliques que je ne saurais vous expliquer là, tout de suite maintenant. En gros, on appelle la prospérité pour l’année à venir. On a donc un morceau de charbon, un bout d’algue, une mikan (orange) et de la seiche séchée (si ces six seiches ci sèchent sans souci, six cent seiches aussi sèchent sans souci, vous en conviendrez). Pour compléter la recette, on ajoutera des feuilles de fougère et de la ficelle pour servir de liant.


Par ici, ils trouvent ça pratique d’avoir un français sous la main pour accrocher des trucs en hauteur sans utiliser d’escabeau.
Et voilà le travail !

Attention aux détails, les bouts de cordelette à droite et à gauche doivent être orientés vers le haut !
Pendant que la maisonnée s’agite à préparer les repas des jours suivants, je suis chargé de la surveillance du chat… Une tâche que j’accomplis avec beaucoup (trop ?) d’abnégation.


Le 31 au soir, rien de particulier. Au Japon c’est bien le nouvel an qu’on fête et plutôt que de se coucher tard pour être certain de commencer la nouvelle année avec un mal de crâne et des valises sous les yeux d’avoir trop fait la fête, tout le monde est au lit de bonne heure. Ici, pas de « 3, 2, 1, bonne année ! » (ce qui ne me manque pas). Les valises sous les yeux, on en aura aussi, mais parce qu’on se lève tôt.
Et tôt, c’est tôt. Levé du corps à 5h30. Une petite collation rapide et je m’élance dans le noir. Cette année encore, je monte à Kamegaoka à pied pour aller admirer le premier soleil. Mais cette fois-ci, Yoko ne vient pas avec moi. Elle me retrouvera là-haut avec son père qu’elle aura conduit sur place. C’est donc seul que je prends la route… et sans lumière. D’une part parce que c’est bien de marcher sans lumière la nuit avec les étoiles et la lune pour s’éclairer, et d’autre part parce que j’ai oublié de prendre une lampe. Et puis en fait il n’y a pas de lune et finalement, les étoiles c’est à peine assez pour éclairer mon chemin, surtout que la route passe largement dans la forêt. J’ai vraiment marché dans le noir au point de ne pas voir mes pieds (quelle idée d’avoir des godasses noires !). Et je dois avouer que j’ai dû rassembler mon courage plusieurs fois car il avait tendance à s’éparpiller à l’approche des zones les plus sombres. Continuer à avancer de manière automatique, en essayant de ralentir le moins possible. Un pas après l’autre, sans se retourner bien sûr. Et en se disant que le sanglier qu’on entend crapahuter dans le sous-bois ne viendra pas s’enquérir de l’identité de l’intrus qui emprunte la route à une heure où les humains sont censés dormir. Heureusement que je connais bien le chemin, je l’ai souvent empruntée à pied et en voiture.
Le temps passant, les premières lueurs du jour finissent par éclairer la voie, ouf !

Arrivé sur la dernière portion de route, je me fais doubler par les premières voitures qui arrivent et il y a déjà du monde lorsque je parviens au sommet vers 7 heures.

Comme l’an dernier, il fait très beau et le Kaimondake se détache bien à l’horizon.

Je retrouve Yoko et son père sur le parking. Ils ont réussi à avoir une des dernières places disponibles. Les autres se gareront de façon un peu sauvage. Il y a du monde malgré le froid.

En attendant l’arrivée de l’astre qui nous maintient gentiment en vie, nous regardons la vallée d’Oura qui s’éclaire doucement.


Et le voici qui arrive, ce premier soleil de l’an de grâce 2025 ! Il amène avec lui les questions du pourquoi et du comment on a choisi ce jour pour être le premier de l’année et pas un autre, ainsi que le vague souvenir des multiples pérégrinations de nos calendriers à travers les âges qui ont abouti à ce qu’aujourd’hui je me lève à 5 du mat’ pour aller voir le soleil alors que j’aurai pu faire la même chose la veille ou le lendemain, et même tous les jours d’ailleurs et ça n’aurait pas changé grand chose au fond. Le premier janvier, il est dans notre tête, éventuellement dans notre cœur, mais nulle part ailleurs.
Le Japon est pétri de « premier – mettez ici ce que vous voulez – de l’année ». Ainsi, notre ami Hamadasan, se prépare à faire son premier – vol – de l’année. En fait, c’est pas mal ce prétexte du nouvel an pour faire des choses qu’on ne ferait pas sinon. J’imagine que c’est rare pour lui de s’envoler de si bonne heure (et de si bonheur ?).

Malgré le froid, j’ai bien sué à grimper de bon pas pendant une heure. Nous restons une demi-heure environ là-haut et je commence à cailler un peu. Le retour à la maison se fera en voiture histoire de ne pas commencer l’année avec un coup de froid. Cela constitue mon premier — déplacement en voiture – de l’année.
Arrivés à la maison, nous prenons le premier – repas – de l’année. Un petit déjeuner simple nommé zoni avec du mochi grillé dedans. Le bouillon varie selon les familles ou les régions.

Aujourd’hui, nous attendons de la visite. Des membres de la famille vont nous rejoindre pour partager Osechi, le repas traditionnel du nouvel an. Hélas, nous avons une annulation pour cause de Covid. Nous ne serons que douze à table au lieu de seize.
Le cousin qui est chef à Mito (dont je vous ai parlé ici) nous a fait parvenir de mystérieuses boîtes. Que contiennent-elles ?

Voici le premier étage :

Et voici le second :

La maman de Yoko a préparé aussi un beau plateau :

Elle a aussi préparé plein d’autres choses qui arriveront sur la table en cours de route. Au Japon, c’est toujours le bazar sur la table lors des fêtes. Il faut que ça foisonne, que ça déborde. Il y a des assiettes partout, on mange tout dans n’importe quel ordre. C’est le chaos total. Vivement que je rentre en France afin de retrouver un peu de raison dans le paisible écoulement d’un repas bien temporisé (et surtout avec fromage et dessert à la fin !).

Le 2 janvier, visite au temple. Les premiers jours de janvier, les sanctuaires shinto sont pris d’assaut. Ce sont les familles au tout début du mois puis, à partir du premier lundi, se sont aussi les entreprises qui viennent pour s’attirer les bonnes grâces de la nouvelle année (imaginez si, en France, les chefs d’entreprise allaient à l’église avec leurs salariés…).

L’après-midi, nous retournons à Kamegaoka en famille (et en voiture). Cette fois-ci, c’est pour voir le soleil se coucher. Un peu flemmard en ce deux janvier, l’astre semble vouloir se mettre sous la couette avant l’heure. C’est pas grave, on profite quand même.


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