Depuis une semaine, nous avons eu plusieurs jours où les températures n’ont pas dépassé 15 degrés. Parfois, la nuit, on descend sous les 10 degrés. Alors je sais, ça vous fait marrer par rapport à la météo française, mais il y a une nuance importante à prendre en compte : l’isolation des maisons.
Je vous ai déjà un peu parlé des maisons traditionnelles japonaises. Elles sont construites pour être efficaces à la saison des pluies lorsque le taux d’humidité de l’air atteint des sommets qu’on ne connaît pas en France. L’air doit pouvoir circuler pour éviter la moisissure. Sous les tatamis il y a quelques planches, et sous ces planches un vide sanitaire très aéré. Le froid arrive donc déjà par là.
Comme le froid arrive par le sol, ce n’est même plus la peine de se donner du mal avec des supers double-vitrages. Toutes nos grandes baies vitrées sont carrément en simple vitrage. Ceci dit, c’est très agréable quand un rayon de soleil les traverse. J’avais un peu oublié cette sensation de chaleur à travers une vitre car les fenêtres françaises, très bien isolées, ne permettent plus de l’avoir à ce niveau. Ça donne envie de s’allonger sur les tatamis comme un chat.
Par contre, quand je bosse le soir : agligli aglagla !
J’ai commencé par remettre un tapis sur les tatamis pour m’isoler un peu du sol. Puis j’ai sorti la grande doudoune que je mets par-dessus mon gros gilet qui couvre mon pull sous lequel il y a un t-shirt à manches longues Damart (sauf que c’est pas Damart mais l’idée est là, c’est un t-shirt chaud). En cas de situation extrême, la doudoune est dotée d’une capuche pour me tenir chaud à la tête. J’ai aussi un bonnet. Heureusement que mes contacts clients se font principalement en audio. En fin de soirée, je ressemble parfois plus à un eskimo qu’à autre chose.
Et puis vendredi dernier, nous avons réinstallé le kotatsu. Pour rappel (j’en ai déjà parlé l’an dernier), sous mon bureau se trouve un chauffage électrique. Le plateau de mon bureau peut être retiré, on place une couverture sur le cadre du bureau au-dessus du chauffage et on remet le plateau par-dessus. Cette façon de chauffer a un côté très rustique mais donne de bonnes sensations. C’est pas un feu de cheminée mais il y a quelque chose comme ça. Une partie du corps est bien au chaud sous le kotatsu, le reste est plus dans l’air froid de la pièce. C’est très confortable et en même temps on sent pleinement la présence de la saison.


En ce moment, j’ai pas mal de boulot (je crois que je l’ai déjà dit la dernière fois et ça va durer jusqu’en janvier au moins). Je manque un peu de temps pour vadrouiller à droite et à gauche. Hier, nous sommes quand même allés au musée Kodama. L’arrivée au musée est très belle par une allée bordée de grands bambous. Il y a aussi quelques érables mais ils ne sont pas encore rouges. Il semblerait qu’il y ait du retard de ce côté cette année. Mais ça ne devrait plus tarder avec le froid qui s’installe.
Au musée, nous avons vu une exposition du peintre Michiyo Yamashita. Il est un peu le résident permanent du musée qui possède une grande collection de ses œuvres. À chaque fois que nous venons, nous en découvrons de nouvelles. Cette fois-ci c’est un peu différent car, suite à son décès cette année, il s’agit d’une sorte de rétrospective et tout le musée lui est consacré. Nous aimons bien son travail.
En rentrant, une erreur de trajet nous a amené à un point de vue sur la ville de Kagoshima et le Sakurajima.

De l’autre côté, le soleil était en pleine co-création avec les nuages pour nous proposer une ambiance pas banale.

Du fait que nous vivons à la campagne, au bord de la mer tout en ayant accès à du relief nous offre de multiples occasions de bénéficier du spectacle des lumières des jours. Lorsque je regarde le kaimondake tous les matins, je pense souvent à Cézanne et à la montagne Sainte Victoire. Toujours la même montagne et pourtant jamais tout à fait la même. Et le prisme de l’appareil photo transforme encore les choses…



Pour bien finir notre journée d’hier, nous avons décidé d’aller nous réchauffer un peu les os dans l’eau. Direction le onsen. Ibusuki, la ville voisine, est très connue pour ses bains de sable chaud (on vous enterre dans le sable avec seulement la tête qui dépasse), mais il y a aussi beaucoup de sources thermales classiques.
Nous avons opté pour un établissement qui propose des bains familiaux. C’est à dire qu’au lieu de partager le bain avec des inconnus (ou des voisins, si on est du coin) avec les femmes d’un côté et les hommes de l’autre, les bains familiaux permettent de rester en famille uniquement. C’est plus petit, il n’y a pas la diversité bain chaud, bain froid, sauna, etc. mais on est peinard.


Passé l’entrée en chicane qui préserve l’intimité au cas où la porte serait ouverte de façon intempestive, on entre dans une petite pièce de trois tatamis.


Il y a ensuite une autre petite pièce intermédiaire dotée d’un lavabo et de paniers pour ranger ses affaires puis la porte ouvre sur le bain intérieur.

C’est ici qu’on se lave avant d’aller se plonger dans l’eau de source. On peut ensuite passer d’un bain à l’autre selon son envie : dedans-dehors, dehors-dedans… mais dehors c’est tellement mieux.

Ici, pas de vue dégagée sur la montagne, on reste entre quatre murs, mais bon… je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas eu l’idée de me plaindre ou de râler (ne suis-je plus tout à fait français ?).


Et sinon ?
Et sinon, mercredi prochain c’est (enfin !) l’accrochage de mon expo. Ouverture samedi. Évidemment, il y a un petit stress mais ça va me faire du bien de voir les gens regarder mes images. Et puis d’en discuter un peu aussi pour autant que ce soit possible.

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