On sporte bien

En septembre et octobre, c’est un peu la saison des undokai au Japon, ce qui signifie « journée sportive ». Toutes les écoles ont leur journée où les élèves participent à des courses, jeux, animations à caractère plus ou moins sportif, ludique, et même un peu culturel. En général, ça se déroule le dimanche et pour cette occasion, les enfants n’ont pas cours le lendemain.

L’an dernier, nous avions été voir le undokai de l’école de Yuri, le plus jeune neveu de Yoko. Cette année, nous avons été voir celui de Iki puis celui de Kiyo, ses deux nièces. À chaque fois, il nous a fallu nous rendre à Kagoshima. Là bas, les écoles, collèges et lycées débordent d’élèves. Venir assister à l’évènement est limité aux proches.

Dans la photo ci-dessous, les barnums autour de la piste sont réservés aux élèves. Les visiteurs sont derrière ou dans les angles. Pas d’ombrage ni de siège n’est prévu pour eux.

Ce sont des foules d’élèves que nous avons vu suer sous le soleil dans diverses épreuves sportives, du matin jusque dans l’après-midi. À cette occasion, ils sont divisés en plusieurs groupes qui s’affrontent de façon collective lors de courses, tir et à la corde, etc. Il n’est jamais question de victoire individuelle.

Par exemple, lors des courses de vitesse (le 100 mètres), cela se déroule par manche, en quelque sorte. C’est la moyenne d’un groupe qui fera que celui-ci est vainqueur et non pas la performance d’un seul élève d’un des groupes.

Ça se passe à peu près comme ça dans la grande ville…


Par chez nous c’est une autre danse.

Je ne vais rien vous apprendre si je vous dis que le Japon est en difficulté d’un point de vue démographique. Et c’est bien sûr à la campagne que cela se ressent le mieux. Il est difficile pour les écoles de se maintenir. Et c’est comme ça dans notre coin.

L’école élémentaire locale compte une cinquantaine d’élèves (pour six niveaux à l’école primaire au Japon, si je ne me trompe pas). Lors de la rentrée scolaire 2024 (qui a lieu en avril) il y a eu trois nouvelles inscriptions ici. En à peine trente ans, les effectifs ont été divisés par deux. Autant dire que le bâtiment que vous voyez sur la photo ci-dessus est surdimensionné.

C’est dans ce contexte qu’on nous a proposé de venir au undokai de l’école Kudama. Afin de donner plus de panache à cette fête qu’est le sport, les parents sont invités à participer. Et comme ça ne suffit pas, les habitants des quartiers alentour aussi. Nous quoi !

Dimanche dernier, nous nous sommes donc retrouvés en bordure de terrain à encourager les enfants des voisins. Un barnum avait été dressé spécifiquement pour notre quartier et accueillait une quinzaine d’anciens qui s’étaient poliment déchaussés avant de s’installer sur la bâche posée au sol. Juste à côté, il y avait les deux barnums pour les deux équipes d’élèves.

Afin de bien commencer la journée et de rappeler à tous qu’il faut être en forme, un coup de canon (ou un très gros pétard ?) est donné à six heures du matin (c’est dimanche hein !). De quoi réveiller en sursaut tous les français à la ronde (moi). Un peu plus tard (vers 6h30 ?), une annonce faite à travers les haut-parleurs du quartier achève de faire tomber du lit ceux qui y sont encore (moi). À 8h30, c’est le début du undokai (mais je finis mon petit déjeuner). Nous avons raté la cérémonie d’ouverture.

Nous sommes arrivés là-bas vers 9h30. Nous avons été accueillis par les sourires des gens du quartier qui se montrent vraiment sympathiques à notre égard. Nous avons plaisir à les retrouver.

Au fil de la journée, nous avons assisté aux épreuves sportives des enfants.

Le relais tient une grande place dans le cœur des japonais. C’est vrai dès l’école primaire et de nombreuses courses sont organisées de façon locale ou nationale pour les adultes aussi, les plus grandes étant retransmises et très suivies à la télévision (la course de relais à la japonaise s’appelle ekiden).

On retrouve aussi souvent le tir à la corde, une autre épreuve qui permet de s’affronter collectivement.

Les épreuves sont entrecoupées d’autres démonstrations. L’une d’elle, incontournable dans tous les undokai, est la démonstration pour encourager son équipe. Ici, pas de pompom girl. La forme est plus typiquement japonaise. Un leader (généralement parmi les plus âgés du groupe) mène un petit groupe qui exécute une sorte de chorégraphie mêlée à des cris d’encouragement et au rythme du taiko face au reste de l’équipe. Équipe qui n’est pas en reste et répond avec énergie à la harangue.

Le truc, c’est que les deux équipes le font en même temps. Ça vous fout une de ces cacophonies !

Autres intermèdes : de la danse dont je ne sais pas vraiment si c’est une danse traditionnelle, ce dont je suis sûr c’est qu’on ne voit pas ça en France. Et puis du taiko, le tambour japonais, bien traditionnel, lui.

Mais bon, tout ça ne suffit pas à remplir la journée. Donc nos amis les organisateurs ont eu l’idée de faire participer les gens des quartiers. Ainsi, en plus des deux équipes d’enfants, quatre équipes sont créées à partir des habitants des alentours. Et c’est comme ça que Yoko et moi nous sommes retrouvés en piste pour défendre les couleurs de notre quartier !

Nous avons commencé par une épreuve qui se pratique par couple, avec 5 ou 6 couples par équipe. Cette épreuve consiste à envoyer deux anneaux d’un diamètre d’environ 25 centimètres à son partenaire situé à 8 mètres de là. Les deux anneaux sont envoyés simultanément. On marque un point par anneau attrapé. Grace au super lancé de ma femme, j’ai pu attraper les deux anneaux. On m’a tellement félicité pour ça que je mesure bien le coup de bol que j’ai eu. De mon côté, mon lancé n’était pas fameux et Yoko, encouragée par le fait que j’avais réussi juste avant à avoir les deux, à essayé de tout attraper… pour tout rater !

En revanche, elle s’est illustrée dans une autre épreuve, cette fois à base de cerceau. Encore un relais mais cette fois-ci ce n’est pas un bâton que l’on se passe.

Nous avons aussi participé au traditionnel jeu qui consiste à lancer le plus de balles possibles dans un panier situé à plus de trois mètres de haut en un temps donné. Toute l’équipe se répartit autour du mat. Heureusement que les balles sont moles, il en pleut de partout, c’est une pagaille totale, à la fois chacun pour soi pour attraper les balles perdues et tous ensemble pour remplir le panier. Ça rigole bien !

Et pour finir, j’ai participé à une course de relais. 5 équipes, 6 coureurs par équipe : un collégien, un lycéen, un vingtenaire, un trentenaire, un quarantenaire et… un cinquantenaire. Tout le monde court dans cet ordre. Mes coéquipiers ont super bien couru. Quand on m’a transmis le relais, notre équipe était première. Bizarrement, quand j’ai passé la ligne d’arrivée, elle était deuxième…

Au milieu de tout ça, nous avons fait une pause déjeuner. Nos voisins nous avaient proposé de manger ensemble, avec d’autres membres de leur famille. Yoko avait préparé de bons sandwichs qui ont eu du succès. Mais nos voisins… s’étaient levé à 4h30 pour préparer le repas ! Il y avait littéralement deux fois trop à manger. Comme dit Yoko, « c’est comme ça ici, il faut que ce soit festin ». Comme je n’ai pas grand chose à dire vu mon faible niveau de japonais, je m’en suis tenu à mon plan habituel : je ne parle pas la bouche pleine. J’ai mangé.

Nous avons snobé la cérémonie de clôture du undokai pour se reposer un peu avant de retrouver quelques personnes du quartier à 18h au centre communautaire. Nous étions une vingtaine pour partager un dîner offert par la communauté. J’ai mangé, j’ai bu, j’ai ri, et j’ai recommencé ça plusieurs fois et dans le désordre. On a passé un bon moment.

J’avoue, le lendemain j’avais l’esprit un peu embrumé.

Surement parce que j’avais fait trop de sport…

4 réponses à « On sporte bien »

  1. Bonjour Gildas,

    Merci pour toutes ces infos sur les coutumes locales. On te souhaite un bon anniversaire !

    Ingrid et Régis

    J’aime

    1. Merci à vous deux ! La prochaine fois je vous emmène dans les îles !

      J’aime

  2. Bonjour, ça me rappelle les grandes journées ou plusieurs écoles se rencontraient, je ne sais plus le nom, mais c’était un principe similaire. le collectif nourrit par l’individu c est mieux que l’individualisme.

    Pour info, nous n amenons pas de chaussures de sport. le sport ce n est pas bon pour le corps.

    a bientot,

    J’aime

Laisser un commentaire