On m’a plusieurs fois posé la question « elle est comment, l’eau, au Japon ? »
C’est une bonne question. En un an, de l’été 2023 à l’été 2024, bien que la mer soit à 15 minutes à pied, bien qu’on ai souvent eu des températures dépassant les 30° (actuellement, en septembre, nous les dépassons tous les jours), bien qu’on ai eu le temps, nous n’avons pas été nous baigner. Alors c’est quoi cette histoire ?
Pas très loin, il y a de très belles plages, certaines avec un beau sable fin presque blanc, l’eau est à une température qui pourrait rappeler la Méditerranée mais… personne dans l’eau !
Je pense que la mer est perçue comme un milieu relativement hostile, surtout si la plage ouvre sur le large. On redoute aussi la présence de méduses. Les gens se baignent, un peu, à des endroits précis, a priori plus sécurisés : fond de crique, piscine d’eau de mer… Globalement, il n’y a pas l’ambiance station balnéaire que nous connaissons en France où le sable disparaît parfois sous une mosaïque de serviettes (« sous les touristes, la plage » comme le dit le fameux slogan… ou un truc comme ça).
Au mois d’août, nous avons décidé de nous jeter à l’eau. Nous nous sommes rendus à la plage de Maruki à Bonotsu. C’est dans cette crique, ou une voisine, que Saint François Xavier a posé le pied pour répandre le christianisme au Japon en 1549 (ça n’a pas super marché).
La plage est tenue par des gens qui l’entretiennent et font payer la place de parking 500 ¥ (3,20 € environ). Le nettoyage est obligatoire car la mer recrache sur les côtes japonaises énormément de déchets, du filet de pêche au plastique en passant par le bois flotté. J’ai l’impression que c’est plus qu’en France, mais il est possible que je me trompe vu que je ne fréquente pas beaucoup les plages de France non plus.

Malgré le cadre magnifique, la chaleur, le sable fin, il y avait peu de baigneurs, comme en témoignent les photos. Je crois que nous n’étions pas 30 sur la plage.
Une chose qui nous a beaucoup surpris est la tenue de bain des japonais. Ceux qui se baignent avec un maillot simple sont rares. Aucune femme en monokini ou bikini. Le plus courant est une combinaison « de plongée » couvrant le haut du corps, voire plus. Les femmes portent souvent un tee-shirt à manches longues en plus. On en a même vu une qui faisait du zèle : chaussures, combinaison des chevilles jusqu’à couvrir le cou, short, tee-shirt, gants, lunettes de soleil et chapeau… et à l’eau ! Moi, je ne sais pas comment on peut encore nager avec tout ça sur le dos.

Derrière ça, je vois deux choses :
D’abord les japonais se protègent beaucoup du soleil. Ici on utilise facilement une ombrelle ou un parapluie pour s’abriter des rayons. Les femmes ont aussi des sortes de grands gants qu’elles utilisent surtout lorsqu’elles conduisent et qu’elles portent des manches courtes. Et c’est vrai que le soleil cogne dur.
En deuxième point, je crois qu’il y a une sorte de pudeur. Le port du tee-shirt par dessus la combinaison en témoigne. Pour ceux qui viendraient à la plage pour mater de jolies « gravure idol », vous serez déçus. Les femmes japonaises ne se dévoilent pas. Comparativement, les françaises sont de véritables exhibitionnistes (mais on ne vous en veut pas).
Autre chose amusante : l’usage de la bouée. Non pas que les japonais l’utilisent d’une façon différente, mais surtout même les adultes vont l’utiliser dans son but premier : aider à flotter faute de savoir nager. Je n’ai pas l’impression qu’on voit ça en France. Question d’image ?
Bref ! On s’est baignés et c’était très agréable.

Quelques jours plus tard nous sommes revenus au même endroit avec une nièce de Yoko. À cette occasion, nous avons loué des canoës. Quelle vie misérable avons-nous !
En tout cas on a eu de l’eau jusqu’au coup… De pagaie !




Laisser un commentaire