Le temps ! Le temps ! Le temps ! Voilà une ressource précieuse. Je suis bien occupé en ce moment. Heureusement, j’ai trouvé du temps pour m’échapper un peu… mais au détriment du temps pour en parler ici.
Il y a deux semaines, nous avons fait un tour au bord du lac Ikeda, le plus grand lac sur l’île de Kyushu (11 km2). Il s’agit en fait d’un cratère de volcan. Si on en croit ce qui est écrit sur les panneaux d’information, dire que c’est un ancien cratère de volcan serait faux. Dessous, c’est toujours actif… Rien ne le laisse paraître à la surface du lac. Faut-il se méfier de l’eau qui dort ?
Un peu de géographie :

Sur cette photo satellite, le lac est entouré en vert. En pointillés verts, c’est le Kaimondake. En pointillés rouges, tout au nord, c’est le volcan Sakurajima qui ne se cache pas d’être actif. Et en pointillés rouges, autour du lac et du Kaimondake, c’est une grande caldera qui englobe toute l’entrée de la baie de Kagoshima et la région d’Ibusuki. Ça chauffe là dessous. Je ne vous en ai pas encore parlé car nous n’y sommes toujours pas allés depuis notre arrivée, Ibusuki est une célèbre station thermale renommée pour ses bains de sable chaud. Il est déconseillé d’entrer dans l’eau sur ces plages car elle est trop chaude ! (Oui, difficile à concevoir pour des habitués de la côte Atlantique). Une autre caldera se situe dans la baie de Kagoshima, entre le Sakurajima et Ibusuki.
Quand on est sur les bords du lac Ikeda, le relief confirme les choses. Certains pans de montagne, les bords intérieurs du volcan, plongent verticalement dans le lac.

Notre promenade du jour nous entraîne dans un petit espace encaissé entre les parois où se pratique une agriculture en terrasse, offrant un paysage traditionnel.
Avant de descendre, en quittant la route principale, un panneau nous conseille de faire le chemin à pied. La route est trop étroite pour que deux voitures se croisent. Il est même recommandé de ne pas y aller les jours de pluie. En effet, alors que le temps est beau nous constatons que l’eau coule de la montagne directement sur la route par endroits. Lorsqu’il pleut, cela doit se transformer en ruisseau si ce n’est plus.

Il y a plusieurs types de culture. Le riz, bien sûr, et les navets qui sont cultivés partout dans la région. Ils atteignent des tailles tout à fait improbables par ici. On en voit souvent qui mesurent 30, 40, 50 cm de long et dont les deux mains ont parfois du mal à faire le tour. Ils sont soit employés directement pour la consommation, soit mis d’abord à sécher en plein air. Nous avions déjà vu de grandes structures en bambou à cet effet dans les champs pas très loin de chez nous. Ici l’installation est plus modeste, à taille humaine. Pas besoin d’échelle.



Les navets séchés seront probablement utilisés pour faire des tsukemono, des légumes macérés, souvent dans du vinaigre (mais pas que…).
Et nous découvrons ici des navets séchés en lamelles, ce qui semble beaucoup plus rare. Ne me demandez pas comment ils arrivent à faire d’aussi belles lamelles, fines et bien régulières.


Les champs sont protégés par de petites divinités de pierre. Au Japon, le religieux n’est jamais loin. Je dirais même qu’il est partout. Les japonais n’ont pas l’air de se poser beaucoup de questions à ce sujet. Les croyances sont populaires et, si les temples et sanctuaires encadrent un peu la pratique, celle-ci demeure très libre. Prier pour remercier, demander une protection ou émettre un vœu fait partie du quotidien. Chacun le fait un peu à sa sauce, quand il veut, quand il peut.
Cette promenade nous fait du bien dans notre planning chargé. Tout est calme, le soleil nous réchauffe.


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