Ce premier décembre, nous voici à Kagoshima. Pas le département, la ville. Yoko doit passer chez le dentiste (ce n’est pas parce qu’on est au Japon qu’on n’a plus de petits bobos à soigner). Ensuite nous devons aller faire quelques emplettes, essentiellement des vêtements chauds. En effet, après Kagoshima nous filerons plein nord, vers Kirishima dont je vous ai abondamment parlé précédemment. Quand je dis « plein nord », c’est une direction, pas une distance. On reste à deux heures de chez nous. Mais comme c’est le mois de décembre, qu’on va un peu monter en altitude et qu’on va passer du temps dehors… on préfère la prudence et on s’équipe. Ça nous tiendra chaud à la maison aussi quand les températures baisseront vraiment. Pour l’instant, les températures de jour restent au-dessus des 10°, voire tirent vers les 20° les bons jours. Le soleil est souvent présent et nous apprécions les rayons de l’astre bienfaiteur (en cette saison en tout cas, parce que, bon, l’été, on en reparlera du « bienfaiteur »…).

Donc nous sommes à Kagoshima, mais pas en centre ville. Pendant que Yoko se fait examiner la mâchoire et que son dentiste s’étonne des aménagements d’intérieur qui y ont été faits (« ah bon ? Ils font comme ça en France ? »), je me promène dans ce quartier résidentiel à la recherche d’un point de vue sur le Sakurajima.

Comme vous pouvez le constater, ça tricote sévère au niveau des câbles électriques. Au Japon, il est souvent très compliqué de prendre des photos sans fil dans le ciel. En France, un véritable effort a été fait et on en viendrait presque à regretter ces poteaux de bois qui rythmaient de façon métronomique le bord des routes jadis, berçant mes trajets à l’arrière de la Renault 14. Alors quoi ? Les japonais sont-ils trop nuls pour pouvoir enterrer leurs câbles ? Ce n’est pas ça, vous vous en doutez bien. Un câble extérieur est simplement plus facile à réparer qu’un câble enterré. Et ce n’est pas un détail au pays des typhons et des tremblements de terre. Plus pratique, plus économique, tant pis pour l’esthétique ! Et puis chaque pays a sa façon. En Italie les fils servent à étendre le linge…

Dans ce quartier, mais c’est souvent comme ça au Japon, toutes les maisons sont singulières. On a rarement l’occasion de voir des ensembles où toutes les maisons sont construites sur le même modèle par des promoteurs comme en France. Chacun y va de son petit projet personnel. Chaque maison est faite sur mesure.



Kagoshima est une grande ville, et comme toutes les grandes villes japonaises (sauf dans la plaine du Kanto ?), il y a un moment où elle se sent à l’étroit. Le relief tente d’endiguer les avancées urbaines mais les rues s’immiscent partout et, parfois, même si on ne peut pas faire de rue, ça n’empêche pas de construire. La ville de Nagasaki est assez typique pour ça avec ses quartiers qui s’accrochent à flanc de montagne (on a prévu d’aller à Nagasaki, mais quand ?).

La végétation s’empare des espaces non bâtis qui deviennent des no man’s land. La densité de la flore et la pente rendent toute intrusion aventureuse. Mais si vraiment on a besoin d’espace, on n’hésitera pas à araser une colline. Les montagnes sont déjà percées de toute part pour faire passer les routes. Et puis une colline avec une pente de zéro degré, ça fait beaucoup moins de glissement de terrain possible, il faut bien le reconnaître.


Au loin s’étend la baie de Kagoshima. Des immeubles ont poussé pour s’offrir la vue. Et voilà le Sakurajima.

Là, ce n’est pas comme notre bon vieux Kaimondake qui roupille tranquillement à côté de chez nous. Le Sakurajima est un volcan actif qui gratifie la ville de ses cendres régulièrement. Quand j’y pense, j’ai toujours l’image de Pompéi qui me vient en tête. Du cratère à la ville, il y a huit kilomètres. Ils sont fous ces japonais !
Nous, nous ne sommes que de passage. Les courses faites, nous filons vers Kirishima. Et, oui, je vais vous la faire en plusieurs épisodes.
Et sinon ?
Sinon il y a des élections municipales en ce moment chez nous. Depuis la semaine dernière, les candidats sont entrés en phase de campagne active. Les votes finissent dimanche. Yoko a voté hier de façon anticipée.
C’est quoi une campagne électorale active au Japon ? Pour ce que j’en ai vu, ou plutôt pour ce que j’en entends, cela consiste à équiper un véhicule avec un mégaphone et à arpenter la région en gueulant à tout va. Si encore ce qu’ils disaient avait un intérêt. Même pas ! « Je suis untel ! Votez pour moi s’il vous plaît ! Merci beaucoup ! Merci beaucoup ! Je suis untel ! Votez pour moi s’il vous plaît ! S’il vous plaît ! », etc. J’ai juste envie de lui dire « Hé ! Mec ! T’as pas des arguments à nous faire parvenir plutôt ? ». Je me demande ce qu’il se passerait en France si un candidat s’amusait à ça. M’enfin ! Le Japon et la politique, c’est pas gagné. Ça au moins c’est comme en France.

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