Voilà. Ça c’est ce qui se passe quand j’arrive à un matsuri. C’est immanquable, toutes les filles sautent de joie. Même les Beatles seraient surpris devant tant d’hystérie.
Bon d’accord… En fait, au moment de la photo, je suis en train de partir. Et de toute façon, je ne suis même pas certain qu’elles aient vu que j’étais là. Mais bon, c’est l’esprit du matsuri qu’on voit ici. C’est la fête et on s’amuse.
Les matsuri sont des fêtes populaires japonaises, souvent mi-religieuses, mi-profanes, mi-business (je vous l’ai déjà dit ailleurs, au bout de trois fois « mi » ça fait 150%, ça aussi c’est matsuri). Ces fêtes ont lieu partout au Japon, pas une ville ni même un quartier qui n’ait son matsuri. Et il y en a un peu tout le temps aussi. Aujourd’hui je vais vous parler du matsuri de l’agriculture de Kawanabe (c’était le 12 novembre), du matsuri du thé de Chiran (le 23 novembre) et du matsuri de Ei, la commune où nous habitons, qui était aujourd’hui (on est le combien déjà ? Ah oui ! Le 26).

Commençons donc par le matsuri de Kawanabe qui se déroulait au parc Iwaya dont je vous ai déjà parlé ici. Ce jour-là, nous n’avions pas tout à fait la même météo que la fois d’avant. Pas de quoi décourager les familles japonaises venues nombreuses pour ce festival de l’agriculture. De l’agriculture ? C’est en tout cas ce qui était annoncé, mais nous n’avons rien vu qui touche aux travaux des champs et à l’élevage à part deux poneys et une chèvre. Par contre, il y avait des stands de bouffe. Et qui veut des yakitori (brochettes de poulet) ? Et qui veut des karaage (friture de poulet) ? Et qui veut okonomiyaki (sortes de galettes mais ça serait trop long de vous expliquer comment c’est fait, ce qu’on y trouve, les différentes versions, et toutes les sauces qui vont dessus, ça m’obligerait à évoquer aussi le rendement calorique de la chose qui est un peu élevé et il faudrait aussi parler des origines géographiques du plat mais justement, de tout ça on ne va pas en faire un plat donc vous ne m’en voudrez pas si j’évite toute explication, je préfère être bref et donc je coupe court) ? Et qui veut des kakigori (vous savez, les glaces japonaises à ne pas confondre avec les gokiburi qui sont des cafards) ? Je crois qu’on peut le dire, du moment qu’il y a quelque chose à manger, les japonais viennent.
Toute la matinée, il y avait un concours par équipe de « qui veut jeter des millions (de balles dans un panier) ».

Le jeu était organisé en plusieurs poules où s’affrontaient une bonne dizaine d’équipes de cinq personnes à chaque fois. Le but ? Réussir à remplir le panier d’un certain nombre de balles (le même pour tous) dans un temps limité. Les difficultés sont les suivantes : le panier est en hauteur, si on lance les balles en même temps, elles se tapent et rebondissent à l’extérieur, si on les lance une par une cela prend trop de temps, et en plus il y a des balles perdues qui s’égaillent partout… Vous l’aurez compris : il y du challenge, du spectacle et de la rigolade. Nous avons pu observer que certaines équipes avaient de l’expérience avec des stratégies de groupe pour gagner.

Fait pas chaud, hein ?

Ah oui ! Et en plus il y a une prime au déguisement. Tout ça paraît très bon enfant mais il y a quand même de l’argent pour les gagnants !

Bien entendu, les forces de l’ordre sont présentes sur place… mais pas comme en France. Ici elles sont juste là pour que les enfants puissent essayer des mini-uniformes, monter sur la moto ou dans la voiture. Pas de patrouille flingue à la ceinture ou Famas dans les bras. L’atmosphère est définitivement plus détendue ici.

Deuxième matsuri, celui de Chiran, une ville connue pour l’excellence de sa production de thé. C’est donc ce dernier qui est le prétexte au festival. Comme à Kawanabe, on peut manger, manger, re-manger et manger encore. Mais ce n’est pas tout ! Ici, on peut goûter du thé, goûter du thé, re-goûter du thé et goûter du thé encore… Et quand vous en avez marre, vous pouvez toujours aller à un stand de dégustation de thé.


Tout ça fait un sacré tas de petits gobelets en carton qui vont direct à la poubelle… Vous reprendrez bien une tasse de thé ?
Mon « élève » de français (comme si je pouvais être prof de français…) tient un stand où elle propose ses pâtisseries. Ah ? Tiens ! À manger ? Comme c’est original !
Plus loin, le plan vigipirate se fait pirater par des gamins qui montent sur les motos et dans les voitures de la police, mais aussi des pompiers (mais je n’ai pas pris la photo).

Enfin, ce matin nous étions au matsuri de Ei. Nous habitons à Goryo qui est un quartier de la ville de Ei et si vous êtes perdu, allez voir par ici.
Pensez-vous qu’on puisse manger ici ? Non ! Mais bien sûr que non ! Il y a à peine une quarantaine de stands de nourriture, ce n’est pas assez ! Le pire dans tout ça c’est qu’on trouve toujours des japonais en train de manger, quelle que soit l’heure.


J’exagère un peu sans doute le côté bouffe. Il y a quand même quelques stands qui vendent des bricoles en plastique pour les enfants. Il y avait même un stand de tir à la carabine comme chez nous ! (Je parle des stands de tir dans les fêtes foraines, pas dans les cités).

Et sinon nous retrouvons nos forces de l’ordre qui se transforment en nounous pour la journée.


L’armée de l’air est présente aussi avec des lunettes de réalité virtuelle qui font un tabac. Si les enfants avaient conscience des tensions géostratégiques avec le continent, je ne sais pas si cela les amuserait autant. Ceci dit, les parents laissent faire…
Et dans le genre original, il y a le stand des pelleteuses. Ici les enfants sont invités à manipuler des charges. Il y a quand même un copilote avec eux. Ce dernier porte un casque. Sans doute au cas où un gamin appuierai soudainement sur l’accélérateur.

Tout ça a fini par un beau feu d’artifice que nous avons pu admirer de chez nous.

Pour ces matsuri du mois de novembre, nous n’avons pas pu voir de yukata, ce kimono d’été qui est souvent de sortie à l’occasion des fêtes. Les chaleurs de l’été s’en sont définitivement allées. Néanmoins, à part les petits vents de nord-est, la saison est très clémente et en journée il fait bon au soleil.
Et puis de toute façon j’ai reçu les chaussettes que ma femme a commandées et mes pieds rentrent dedans. Donc tout va bien.

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