Part four : 1200 marches à pied, ça use ! ça use !

Résumé de l’épisode précédent : abusant du temps dont ils disposent sous prétexte qu’ils sont en vacances, Yoko et Gildas essayent d’atteindre leur destination. Partis avant 9h le matin même pour faire 110 km, ils ne sont pas encore à leur hôtel à la nuit tombée. Arriveront-ils à arriver ? Et qu’arrivera-t-il quand ils arriveront à arriver ? Tous ont les yeux rivés sur cette arrivée qui tarde… ben… à arriver quoi !

Assez de ce suspens insoutenable qui vous empêche de fermer l’œil ! Oui, nous sommes enfin parvenus à atteindre notre hôtel. Yoko avait réussi à nous trouver une chambre à pas cher, ce qui n’est pas gagné quand on est dans une région avec des sources thermales. Et vous savez quoi ? C’est un hôtel situé au bout d’une route dans un vallon encaissé où il n’y a rien d’autre. Je n’ose pas dire qu’il est paumé parce que vous allez finir par croire que le Japon est un pays de paumés. Bref. Une dizaine de chambres en tout dont trois seulement occupées. Une source chaude naturelle à disposition pour alimenter les bains communs et un bain extérieur que voilà :

Je ne vais pas m’étendre maintenant sur les bains à la japonaise parce que sinon on ne va jamais la finir, cette histoire.

Voilà notre chambre. Une petite pièce, des wc, un lavabo, on pousse la table pour installer les futons pour dormir et c’est tout. Niveau d’équipement extraordinaire, il y a même un téléphone à cadran. Je crois que je n’en avais pas vu en fonction depuis plus de 10 ans.

Nous avons dîné deux fois à l’hôtel et voilà à quoi ça ressemble :

C’est toujours un peu déstabilisant pour un français moyen comme moi car tout est déjà servi sur la table quand on arrive. On ne sait pas par quoi commencer. On est encombré par tous ces récipients. La plupart des plats se composent d’une bouchée. Il faut la savourer. Mais ce qui est sûr, c’est que l’alimentation est variée. Avec ça, on ne se demande pas si on a mangé équilibré.

Une bonne nuit par là-dessus et nous serons au top pour affronter le lendemain.


Chers lecteurs, ce n’est pas sans émotion que je vous annonce que nous allons entrer dans la narration de notre deuxième journée de voyage. Au programme : balade dans le parc national de Kirishima Kinkowan. Départ à pied depuis le plateau d’Ebino pour l’ascension du mont Karakuni, point culminant du parc. Ensuite nous descendrons par le lac Onami puis retour à la voiture. Mais avant de s’élancer dans la montagne, il faut d’abord trouver un temple pour s’attirer les faveurs des dieux. L’ensemble du parc est un site sacré shinto donc les humains sont tolérés mais il faut d’abord montrer patte blanche !

Voici le petit sanctuaire que nous avons visité. Il est situé dans un bois de pins aux troncs élancés. L’ensemble est entretenu par un grand hôtel voisin.

Après notre petit tour purificateur, nous montons en voiture jusqu’au plateau d’Ebino. Ici il y a de grands parkings, une salle avec une exposition permanente sur le parc, un camping, quelques commerces et, à un kilomètre de là, le cratère du mont Io qui fume tellement que ça ne doit pas être bon pour ses poumons (voir photo en tête d’article). D’ailleurs la route est coupée, on ne peut pas aller plus loin. Après avoir garé la voiture et pris des renseignements, nous ne pourrons pas faire la boucle prévue. Qu’importe ! Mon sang de français ne fait qu’un tour : si je n’ai pas le droit, je prends le gauche ! Nous voici partis à l’envers sur la boucle, direction le lac Onami. La balade commence tranquillement dans le sous-bois puis apparaissent quelques passages difficiles. Un apéritif de ce qui nous attend…

Régulièrement, le chemin est raviné. De nombreuses racines forcent à la vigilance. Mais cela ne nous empêche pas d’apercevoir une biche sika que je vous ai déjà présentée. Peu effarouchée par notre présence, elle garde néanmoins la distance.

Au bout d’un peu plus d’une heure, nous arrivons au lac Onami. Il s’agit d’un cratère et le chemin de crête qui en fait le tour est long de 3,2 kilomètres. Et quand je dis « chemin de crête », certaines parois qui descendent vers le lac sont littéralement à pic. Ce n’est pas avec ça que je vais soigner mon vertige !

L’eau du lac est d’un beau bleu. À l’arrière-plan, nous voyons le mont Karakuni dont nous ferons l’ascension après déjeuner. remarquez comme il a l’air doux sous cet angle.

Plus au sud, nous apercevons le mont Takachionomine (1576 m, tout au fond), le mont Ohachi, devant lui, et au premier plan le cratère du mont Shinmoe. La fumée sur son flanc n’est pas due à un campement de scouts égarés. Ça fume parce que ça chauffe là-dessous. Si j’en crois les livres d’histoires de quand j’étais petit, ce sont des types tout rouges avec des cornes sur la tête, des pieds de bouc, une queue noire et une fourche dans les mains qui s’occupent de l’entretien là bas.

Et nous voici lancés à l’assaut du mont Karakuni. C’est pas loin, il y a 900 mètres à faire. C’est rien. C’est que dalle 900 m… Mais ils ont mis des marches. Et comme si ce n’était pas assez pervers, les marches sont inégales. Parfois il faut monter le genou au niveau des hanches. Parfois il faut même grimper à côté pour accéder à la marche du dessus.

On a mis une heure pour faire ces 900 m. Et on ne s’est presque pas arrêté. Ça vous forge les cuisses. Ça vous raffermit le mollet. Mais ça valait le coup ! À 1700 mètres d’altitude, on voit du paysage ! Malgré tout, le temps n’est pas assez clair pour distinguer le Sakurajima 40 kilomètres plus au sud.

Si, de loin, le Karakuni ressemble à un dôme, l’arrivée au sommet révèle un grand cratère. Je suis bien incapable d’en évaluer la profondeur et la largeur. J’ai bien pensé à jeter ma femme dans le fond pour me donner une idée de l’échelle mais elle n’était pas d’accord (et je n’avais pas vraiment le cœur à ça en fait). Pas de fumerolles ici contrairement à d’autres cratères environnant.

Nous n’avons pas beaucoup de temps pour apprécier. Il faut penser à descendre. La boucle prévoyait de descendre en une heure environ par le mont Io, mais son cratère faisant des siennes, le chemin est interdit. Nous devons revenir sur nos pas au lieu de couper au plus court. Le soleil commence à décliner et nous avons encore entre deux heures et deux heures et demie de marche, dont une heure de marches (encore moins faciles à descendre qu’à monter), pour retrouver la voiture.

Partis du parking à 10h le matin, nous arrivons vers 17h30, au moment où le soleil disparaît derrière les sommets. J’ai les genoux qui font des castagnettes à cause de l’effort, il est temps que ça s’arrête. Heureusement, un bon bain chaud nous attend à l’hôtel, de quoi se remettre sur pied.

Demain, c’est déjà la fin des vacances et nous regagnerons notre paisible domicile. Vous croyez que nous allons réussir du premier coup ?

5 réponses à « Part four : 1200 marches à pied, ça use ! ça use ! »

  1. Merci merci Ainsi donc nous avons voyagé virtuellement avec vous sans souffrir.Avez vous envisagé l’achat de bâtons pour les prochaines excursions ?

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    1. Par prudence, nous avions emprunté les bâtons de marche de la maman de Yoko. Ils m’ont été utiles sur le chemin du retour. Il faut dire que malgré des efforts conséquents, les sentiers de randonnée ne sont ni aussi bien balisés, ni aussi praticables qu’en France. La végétation très vivace et la météo avec de fortes pluies n’aident pas à créer des sentiers stabilisés. Nous verrons si cela se confirme lors de prochaines promenades…

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  2. Merci pour le bol d’air ! ?? ________________________________

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  3. Avatar de Valerie Blanchard
    Valerie Blanchard

    Merci mille fois Gildas, de nous faire partager vos péripéties.
    Nos vies semblent bien fades après avoir lu les articles publiés sur ce blog ; )
    Bien sûr, c’est juste une questions de regard, de point de vue…Il « suffirait » de ralentir, de regarder, de ressentir, de formuler et d’écrire…
    Merci de le faire avec beaucoup d’humour et de partager !

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  4. Avatar de Jerome Marchand
    Jerome Marchand

    Merci du voyage! de plus en plus envie de venir.

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