Le supplément du dimanche

Retour chez Sora Mado

Nous sommes retournés chez Sora Mado passer un bon moment avec Seiichiro san, le patron de ce « books & café » à Oura dont je vous ai déjà parlé. Lors de notre venue précédente, nous avions parlé de mon blog et de son nom ambigu : Minamimitai (« on dirait le sud » ou « je veux voir le sud »). La première idée venait bien de la chanson de Nino Ferrer et j’avais fait écouter à Seiichiro san la chanson « Le sud ».

Depuis lors, le nom de Nino Ferrer grattait un coin de son crâne et, après un peu d’archéologie dans sa discothèque personnelle, il a retrouvé ceci :

Il s’agit d’une compilation de titres de Nino Ferrer de 1966 à 1969, sortie au Japon en 1999 (l’année où j’ai foulé le sol japonais pour la première fois).

Nous avons donc passé une partie de l’après midi à écouter ces chansons et, il faut bien le dire, écouter « Les cornichons » ou « Oh ! hé ! hein ! bon ! » dans ce petit café perdu au milieu de la campagne japonaise… Non, vraiment, Sora Mado est un endroit improbable.


Précisions sur le « mon tomoe »

Déjà, pour ceux du fond qui, décidément, n’apprennent pas leurs leçons, je vous renvoie à mon article Toi, toi mon toit… J’y parlais donc de ces trois virgules que l’on nomme mitsu tomoe en héraldique japonaise. J’ai appris vendredi dernier que le sens de rotation le plus courant est vers la droite (migi tomoe). Celui qui tourne vers la gauche (hidari tomoe) est utilisé, (entre autre ?) par les yamabushi.

C’est couic les yamabushi ? Alors pour faire simple :
– prenez un bon litre d’histoire ancestrale (un cru du VIIe siècle),
– faites macérer dedans des morceaux de bouddhisme, de shintoïsme, de taoïsme et de confucianisme (oui, tout ça ! Il n’y a que le Japon pour produire de tels mélanges),
– épicez avec une bonne dose de magie,
– étalez la préparation sur les montagnes du côté de Nagano et Niigata et attendez encore quelques siècles,
– avant de servir, saupoudrez de mystères et de légendes.
Vous pouvez accompagner ce plat de fantasmes d’occidentaux sur la culture japonaise, les deux se marient très bien !

Et justement, au passage, je précise que les kanji utilisés pour écrire yamabushi en japonais ne sont pas les mêmes que ceux utilisés pour écrire bushi. D’un côté on a, littéralement, « ceux qui se prosternent dans les montagnes », et de l’autre « guerrier gentilhomme ». Les yamabushi ne sont pas « les guerriers de la montagne ».

Revenons à notre hidari mitsu tomoe. Donc le tomoe qui tourne vers la gauche est lié aux yamabushi car ceux-ci, dans leurs pèlerinages, tournent autour des montagnes dans le sens anti horaire (donc vers la gauche vu d’avion). Et je me dis que ces yamabushi, à force de tourner toujours dans le même sens autour des montagnes, doivent avoir une jambe plus courte que l’autre. De là à faire le lien avec notre Dahu national, il n’y a qu’un pas à faire (sur le flanc de la montagne bien sûr). Le Dahu serait-il une forme primaire de yamabushi ou, au contraire, l’aboutissement de générations d’ascèse dans nos montagne françaises ? Si vous avez des indices pour faire avancer la science, n’hésitez pas à m’en faire part.


Et sinon ?

Sinon par ici nous avons perdu quelques degrés. Les températures descendent enfin sous les 25 la nuit et hier nous avons eu une journée sans dépasser les 30°. C’est pas mal.

Le temps passe vite et , un mois et demi après mon arrivée, on commence à se demander comment nous allons réussir à faire tout ce que nous avons prévu de faire en seulement 2 ans. Le planning est bien chargé. Il y a le boulot la semaine (maintenant, je donne deux cours de conversation française d’une heure par semaine en plus), il y a la maison et le jardin à entretenir, il y a la famille et les rencontres amicales le week-end, cela laisse peu de temps pour explorer le pays plus loin. Nous avons pourtant des objectifs à ce sujet, mais je me demande s’ils ne sont pas un peu ambitieux… Il va falloir s’organiser, optimiser et en même temps garder un équilibre pour accueillir ce qui arrive. Parce qu’il y a des choses qui arrivent. Mais je garde un peu de suspens. Et ça va être long puisqu’il vous faudra attendre le mois de novembre pour en savoir plus… à moins que je craque avant ?

6 réponses à « Le supplément du dimanche »

  1. Vivent les choses qui arrivent !

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  2. Merci Gildas, pour le temps précieux que tu prends pour partager tes découvertes….
    Tes articles sont des élixirs à déguster sans modération 😄

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    1. En plus ce n’est même pas dangereux pour la santé 😁

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  3. Avatar de Valérie Blanchard
    Valérie Blanchard

    Merci Gildas de partager avec nous ces moments de rencontres, de fraîcheur, de bonheur (!?) C’est un délicieux moment que de lire tes articles.

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    1. Merci Valérie ! J’espère que des rencontres, de la fraîcheur et du bonheur il y en a aussi par chez vous !

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  4. […] les protecteurs des montagnes et des forêts (ou à cause de ça ?). Les yamabushi dont je parlais par ici leurs sont souvent associés. Si vous en croisez, un conseil : ne dites rien et essayez de prendre […]

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