Si à 50 ans tu n’as jamais conduit de Keitora… et bien tant pis pour toi ! En tout cas, moi c’est fait ! Quelle fierté de traverser la campagne japonaise au volant d’un keitora immaculé ! Si vous me voyiez lancé à 40 à l’heure au milieu des rizières ! Vroum vroum ! Tût tût ! Quelle grâce !
Ah oui ! Mais c’est quoi un « keitora » ? Si à 50 ans tu ne sais pas ce qu’est un keitora… ben vraiment… mais alors ! Bon. Je re-explique pour ceux du fond de la classe qui feraient bien de prendre des notes. Donc, comme chacun sait, le mot keitora se divise en deux parties :
– « kei » pour « léger »,
– « tora » qui est, bien évidemment, l’abréviation de « torakku » qui est, faut-il l’expliquer, la transposition du mot « truck » en japonais.Tout le monde sait ça. Truck -> torakku. C’est facile, non ?
C’est comme :
– naifu -> knife
– saizu -> size
– rabu hoteru -> love hotel
– kuruma -> … Ah ! Non, là ça marche pas. Il existe donc des mots japonais qui ne sont pas issus de l’anglais…
Bref ! On a donc un « léger camion ».

Ce type de « léger camion » est très présent dans les campagnes japonaises. On en voit partout, tout le temps. C’est le truc pratique pour transporter les outils, les récoltes, aller à la déchetterie, se déplacer sur les routes les plus étroites. L’engin est conçu comme un passe partout. Il a un rayon de braquage qui lui permet de faire demi tour sur un mètre carré (bon, ok, un peu plus…), et il peut passer en mode 4 roues motrices. Ouais, je conduis un 4×4 si je veux !


La cabine, spacieuse, permet de mettre des types comme moi au volant sans avoir les genoux sous le menton ni la tête dans le plafond. Je le dis parce que ce n’est pas gagné ces histoires de tailles. Par exemple, quasi impossible de trouver des chaussures. Au delà du 42, tu es obligé de te balader en chaussettes. Si tu as trouvé des chaussettes du 42 suffisamment élastiques pour faire rentrer du 44… Au delà on peut essayer les sandales avec les talons qui dépassent. C’est un genre. Autre problème de taille : la hauteur standard des portes dans les pièces traditionnelles c’est 180 cm. Autant vous dire que j’ai la tête rentrée dans les épaules en permanence.

Ce keitora, c’est celui de mon beau-père. Il nous l’a prêté pour aller à la déchetterie. Si notre maison était très propre à l’intérieur, la partie potager était relativement encombrée de choses diverses et variées qu’on accumule et qu’on laisse s’abîmer dehors. La propriétaire nous à dit que ce n’étais pas la peine de nous en occuper, mais qu’on pouvait jeter si nécessaire. Ça a été l’occasion de séances de tri épiques. Le tri des déchets à la japonaise, c’est un sujet en soi. J’en parlerai peut-être un jour. Mais gardez en tête qu’en France, c’est plutôt facile.
Et une autre fois encore je vous parlerais de la conduite au Japon. Oui, là aussi ils font des trucs pas comme tout le monde. C’est à dire pas comme les français quoi !

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